Crop tops interdits, classes surchauffées : le casse-tête des tenues scolaires en pleine canicule – Le Soir

Récrés à l’ombre, classes aérées, élèves autorisés à boire en classe… Face aux canicules, les écoles belges commencent à s’adapter. Mais sur les vêtements, le thermomètre fait encore grimper les tensions.

Chèrs parents, tou va bien a lécole. Les chèzes en plastic on fondu mès nous, on raiziste ! » Les écoles s’adaptent comme elles peuvent aux fortes chaleurs des derniers jours, mais derrière les ventilateurs de fortune, les gourdes bien remplies et les récréations à l’ombre, une autre question chauffe les esprits : faut-il vraiment continuer à interdire débardeurs, shorts et robes à bretelles quand il fait 35 degrés dans les classes ?

L’Institut Saint-Joseph de Florennes a récemment tenté un exercice d’équilibriste sur Facebook. Dans un long message « Alerte chaleur », l’école secondaire détaille les mesures prises pour protéger les élèves : réfectoire ouvert pendant les récréations pour éviter la cour en plein soleil, autorisation de boire en classe… Mais vient ensuite le chapitre vestimentaire.

« Notre école reste un lieu de travail », rappelle l’établissement. « Même en période de chaleur, une tenue adaptée au cadre scolaire est demandée. Les vêtements légers et les matières comme le coton sont à privilégier. Mais, comme le prévoit notre règlement d’ordre intérieur, les tenues de vacances ne sont pas autorisées. » Soit, comme l’indiquent de petits pictos : pas de crop tops, de tops à bretelles, de shorts hawaïens, de tenues trop légères ou inadaptées.

De quoi faire bondir certains parents. « Et donc, toutes les femmes qui travaillent ne mettent jamais de tops à bretelles, ni de jupes courtes, ni de décolletés, les hommes jamais de shorts. Désolée mais vous vivez à quelle époque ? », réagit une mère courroucée sous la publication. L’école lui répond poliment que le règlement d’ordre intérieur a été accepté lors de l’inscription.

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« C’est quoi inadapté ? »

Oui mais voilà : quand le règlement a été signé, il ne faisait peut-être pas 35 degrés. « Ces questions reviennent à chaque passage d’une canicule », constate Ufapec, l’Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique. Son secrétaire général et porte-parole, Bernard Hubien, estime surtout qu’il faut arrêter d’improviser dans l’urgence.

Alors que les températures devraient encore avoisiner les 30 degrés ces prochains jours, les directions disposent désormais de consignes plus claires pour faire face à ces épisodes de chaleur. Une circulaire envoyée en fin de semaine dernière précise les modalités d’organisation des écoles en cas de circonstances exceptionnelles.

Le texte vise aussi bien les phénomènes climatiques – grands froids, canicules, fortes pluies, tempêtes, neige, verglas ou pics de pollution – que d’autres perturbations comme des mouvements de grève ou des problèmes de mobilité. Les écoles étant confrontées en parallèle à un mouvement de grève, aux modalités variables selon les établissements, la circulaire encadre également ces situations.

Le document rappelle d’abord que l’obligation scolaire reste la norme et que toute absence doit, en principe, être justifiée. Les établissements scolaires et les pouvoirs organisateurs disposent toutefois d’une autonomie leur permettant d’adapter leur organisation aux réalités locales. Dans la gestion de ces situations exceptionnelles, ils sont invités à faire preuve de discernement et de proportionnalité.

La suspension des cours doit ainsi rester une « mesure exceptionnelle ». Elle peut être décidée par l’établissement en cas de force majeure, définie comme un événement « imprévisible, irrésistible et extérieur ». Contrairement à une tempête ou une inondation, une vague de chaleur, « dont les effets peuvent, en principe, être contenus par des mesures d’adaptation interne », ne relève pas de la force majeure.

Des adaptations prévues dès 28 degrés

Cela étant rappelé, en cas de pics de chaleurs, il est d’abord recommandé aux directions d’élaborer en amont un « plan canicule ». Celui-ci doit notamment identifier les locaux les plus exposés à la chaleur et ceux offrant les conditions les plus fraîches, faire l’inventaire des espaces extérieur, prévoir un accès facilité à l’eau potable et des modalités de communications avec les familles et les membres du personnel.

La circulaire prévoit ensuite des mesures en fonction des seuils de température définis par l’IRM. Dès 28 degrés à l’intérieur des classes, il est recommandé d’aérer et de ventiler les locaux aux heures les plus fraîches, de fermer volets et stores durant la journée et, dans la mesure du possible, d’équiper les salles de ventilation ou de climatisation. Les élèves doivent pouvoir accéder à de l’eau potable en permanence et être encouragés à boire régulièrement.

A partir de 30 degrés en classe, les activités physiques extérieures sont déconseillées. Il est aussi recommandé d’adapter le rythme de la journée en programmant les « apprentissages exigeants » en matinée. Au-delà de 32 degrés, les élèves sont invités à se regrouper dans les locaux les plus frais et jamais en plein soleil.

Ce n’est qu’à partir de 40 degrés en classe que les établissements peuvent envisager « d’alléger les horaires de l’après-midi, de concentrer les apprentissages principaux en matinée ou de suspendre temporairement les activités collectives et non essentielles ».

La circulaire précise que ces recommandations doivent être appliquées « de manière souple et pragmatique ». « L’objectif principal demeure la protection de la santé des élèves et du personnel, dans le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant », peut-on y lire.

Les absences appréciées au cas par cas

Concernant les absences d’élèves, celles-ci doivent toutes être justifiées, sauf en cas de « circonstances exceptionnelles indépendantes de leur volonté ». Il peut s’agir, par exemple, de conditions météorologiques rendant les déplacements dangereux ou impossibles, de perturbations importantes des transports en commun ou encore de l’inaccessibilité de certains axes routiers. Les directions sont invitées à apprécier les situations au cas par cas.

En cas de grève du personnel, les établissements doivent informer les familles des modalités d’organisation (maintien partiel des cours, accueil, éventuelles adaptations) « dans les meilleurs délais » et ce afin de permettre à chacun de s’organiser.

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