Des familles en plein flou face aux examens, menacés par la grève : « Depuis jeudi, les profs commencent à envoyer de la matière pour le CE1D » – SUDINFO

Cette grève dans l’enseignement secondaire francophone plonge de nombreuses familles dans un flou total depuis une semaine. Entre cours supprimés, informations contradictoires et inconnues autour des examens, certains parents dénoncent une situation devenue ingérable pour leurs enfants.

La grève qui frappe le monde de l’enseignement ne va pas s’arrêter de sitôt. « On sera à dix jours sans école déjà mercredi ». Hélène, maman d’une élève de 2e secondaire à Saint-Servais à Liège, ne cache plus son exaspération. Depuis plusieurs jours, son fils, qui doit présenter le CE1D, vit au rythme des mails de la direction et des rumeurs de couloir. « Vendredi, on nous a dit que la grève se poursuivait jusqu’au 27, mais sans aucune info pour la suite. On ne sait donc toujours pas si l’école reprendra normalement ou pas. »

Le plus difficile, selon elle, reste l’incertitude permanente. « Au début, les profs étaient les premiers à faire grève et les élèves ont été laissés complètement de côté, sans nouvelles. Puis, depuis jeudi, certains commencent à envoyer de la matière. Mais on fait comment ? On s’attend à ce que des jeunes de 14 ans se gèrent pour voir une nouvelle matière seuls, sur laquelle ils seront peut-être, ou pas, interrogés en juin ? »

Pour tenter de limiter la casse, cette maman a acheté des livres de préparation au CE1D elle-même, pour réviser et voir la matière avec son fils. « On essaie d’avancer seuls, mais mon fils est perdu et stressé. À 14 ans, ce n’est pas facile de rester sans cadre pendant autant de temps. »

« Les enfants commencent déjà à être en mode vacances. Ils profitent du soleil, zonent dehors… On sacrifie leur année scolaire »

Elle pointe aussi les difficultés concrètes pour les familles. « Les écoles disent qu’elles peuvent accueillir les enfants, mais pas trop, parce qu’elles doivent s’organiser. Sauf que les parents travaillent. On ne peut pas laisser des jeunes seuls à la maison pendant des jours. Donc il faut pouvoir compter sur l’entourage si on travaille… On est pris en otage »

Présence obligatoire, ou pas ?

Et le constat est amer : « Les enfants commencent déjà à être en mode vacances. Ils profitent du soleil, zonent dehors… On sacrifie leur année scolaire. Qu’on soit contre une réforme, je peux le comprendre. Mais à un moment, on prive les enfants d’enseignement. »

Même sentiment d’incertitude chez Gianni, papa d’un élève de 2e secondaire à Sainte-Marie, à Jambes. Son fils est lui aussi concerné par le CE1D. « On a reçu un mail disant que la grève touchait surtout les 4e, 5e et 6e. Mais au final, personne ne sait vraiment ce qu’il va se passer. »

La semaine dernière, son fils a encore eu cours, malgré quelques absences de professeurs et des journées écourtées. « C’était décousu, mais globalement ça tenait encore. Aujourd’hui, il a cours aussi, pour l’instant. »

Difficile pour certains parents de savoir si l’école relève réellement les présences des élèves en classe et les comptabilise dans le cadre de l’obligation scolaire
 

Ce qui inquiète surtout ce père de famille, c’est la suite. « On entend tout et son contraire. Certains parlent d’une grève jusqu’au 10 juillet. Soit au-delà de la fin de l’année scolaire… C’est une histoire belge. Et on ignore s’il y aura des examens ? Sur quelle matière, si tout n’a pas été vu ? »

Le flou entoure aussi les présences ou non obligatoires des enfants durant ces journées de grève : certains établissements ont annoncé qu’il s’agissait de circonstances exceptionnelles et donc, que les présences des jeunes n’étaient pas relevées.

De son côté, l’athénée royal de Chiny envoyait ce mardi un e-mail aux parents les prévenant que les cours seraient « ponctuellement perturbés au cours de la journée », « mais l’école fonctionnera normalement et l’ensemble des élèves sera accueilli selon l’horaire habituel ». « Le contrôle de l’obligation scolaire sera pleinement appliqué ce mercredi 27 mai : les élèves sont donc attendus à l’école comme à l’accoutumée », annonçait la direction. Qui nuançait tout de même : « Si un nombre trop important de cours ne pouvait être assuré dans une classe, nous autoriserions, avec l’accord des parents, un retour anticipé des élèves concernés ».

Dans les couloirs des écoles comme dans les familles, une même impression domine désormais : personne ne sait vraiment comment cette fin d’année scolaire va se terminer.

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