Un millier d’enseignants, écoliers et syndicats manifestent à Bruxelles contre les coupes budgétaires dans l’enseignement francophone – VRT

Les manifestants protestent contre les coupes budgétaires importantes qui seront imposées aux écoles et enseignants francophones.

D’après les estimations de la police, plus d’un millier de manifestants sont rassemblés ce jeudi midi à Bruxelles pour protester contre les coupes budgétaires dans l’enseignement francophone annoncées par la ministre Valérie Glatigny. Quelque 300 millions d’euros doivent être économisés dans les années à venir, notamment en imposant des cours supplémentaires non rémunérés à certains enseignants. Le plan d’économies est soumis ce jeudi au vote au Parlement de la Communauté française, mais selon les critiques, le vote se déroule de manière peu démocratique. Des débordements se sont déjà produits à la Gare centrale, la police a utilisé du gaz lacrymogène et des canons à eau pour disperser les manifestants et éteindre des débuts d’incendie. Davantage de manifestants sont attendus dans l’après-midi. L’action de protestation prenait peu avant 17h.

La manifestation était déjà tendue dans la capitale ce matin. À la Gare centrale (photo), par exemple, des manifestants ont joué au chat et à la souris avec la police. Des vélos en libre-service ont été incendiés et des feux d’artifice tirés. Les forces de l’ordre et les pompiers sont sur place, alors que davantage de manifestants sont attendus à Bruxelles ce jeudi après-midi.

Plus tôt dans la matinée, des manifestants (souvent jeunes) ont déjà tenté de rejoindre le Parlement de la Communauté française, rue de la Loi. Il s’agit d’une zone neutre, où les manifestations sont normalement interdites.

Rue de la Loi : manifestants et forces de l’ordre se livrent à un jeu du chat et de la souris.

 

La police a bouclé le secteur de la rue de la Loi.

La police a bouclé le secteur de la rue de la Loi.
© Foto: VRT

 

 

Depuis plusieurs semaines, le mécontentement des enseignants, écoliers et syndicats grandit face aux mesures d’austérité annoncées dans l’enseignement francophone en Belgique. Des économies à hauteur de 300 millions d’euros devront être réalisées dans ce secteur au cours des prochaines années.

La ministre francophone de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR), souhaite donc augmenter le temps d’enseignement de deux heures par semaine dans les écoles secondaires, dès l’année prochaine et sans augmentation de salaire pour les enseignants. Elle souhaite également réformer le système de titularisation. Les enseignants titulaires pourront le rester, mais les nouveaux enseignants seront recrutés avec un contrat de durée indéterminée à partir de septembre 2027.

Les enseignants contraints de s’absenter pour cause de maladie grave ne pourront travailler à temps partiel que pendant deux ans après leur retour. Actuellement, aucune limite n’est fixée.

Par ailleurs, les frais d’inscription à l’université ou à l’école supérieure seront fortement augmentés, pour atteindre la somme de 1.200 euros. Les investissements dans la rénovation des bâtiments scolaires vétustes seront également réduits.

Valérie Glatigny réagit aux critiques en soulignant que le gouvernement de la Communauté française se trouve dans une situation financière précaire. « Mais malgré les économies nécessaires, j’investis également dans une nouvelle politique éducative, à hauteur de quelque 75 millions d’euros d’ici à 2029 », déclarait-elle en avril.

Entretemps, le décret contenant les mesures d’austérité n’a pas encore été approuvé par la commission des finances du Parlement de la Communauté française. En effet, les partis PTB et Ecolo ont refusé d’accorder leur confiance au rapporteur. Le gouvernement souhaite néanmoins que le décret soit proposé au vote ce jeudi, selon une procédure accélérée.

Parmi les manifestants présents ce jeudi à Bruxelles, VRT NWS a parlé à Marie. Elle enseigne le néerlandais au collège Notre-Dame de Basse-Wavre et craint de perdre son emploi. « On va devoir travailler plus pour le même salaire et les conditions de travail vont se dégrader, avec une augmentation du nombre d’élèves par groupes de classes », s’indignait-elle.

« On trouve aussi la manière dont ces coupes budgétaires sont mises en œuvre très mauvaise. On a l’impression que ce n’est pas fait de façon démocratique. Le gouvernement veut imposer ces mesures à tout prix. »

Peu avant 17h, la plupart des manifestants avaient quitté l’action de protestation ou été repoussés par les forces de l’ordre.

Alors que le vote des nouvelles mesures étaient en cours de discussion, la façade du parlement de la Communauté française était dégradée à la peinture rouge et par des slogans ostentatoires, d’après les journalistes de VRT NWS présents sur place.

Environ 600 étudiants issus de plusieurs établissements du centre de Namur se sont rassemblés ce jeudi à l’appel d’un collectif étudiant, afin d’apporter leur soutien aux enseignants mobilisés contre la réforme de l’enseignement, portée par la ministre de l’Éducation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny.

« Je refuse de voir l’enseignement se dégrader. Je soutiens les enseignants qui risquent, à travers cette réforme, de perdre leur emploi. Ils sont essentiels à notre éducation. Réduire leur nombre, c’est affaiblir l’école et les générations futures », confiait une élève namuroise.

Les étudiants estiment également que les modifications envisagées par la réforme pourraient entraîner une augmentation significative du minerval. « Cela risque de rendre les études moins accessibles pour de nombreux étudiants et leur famille », déplore-t-elle.

Si la majorité des participants ont manifesté dans une ambiance pacifique, plusieurs incidents ont néanmoins été constatés. La zone de police Namur Capitale fait état de divers débordements survenus en marge du cortège. « Il y a eu des pavés qui ont été lancés, des feux d’artifice et des pétards », indique la porte-parole de la zone de police, Laurence Mossiat. Les dégâts matériels occasionnés n’ont pas encore pu être évalués avec précision.

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