Plusieurs écoles s’opposent aux réformes portées par la ministre Glatigny : les profs envisagent des arrêts de travail et ne veulent plus transmettre les résultats des examens ! – Sud Info

Boycotts, arrêts de travail et actions symboliques : quinze écoles «entrent en résistance» contre les réformes portées par la ministre Glatigny et exigent leur retrait immédiat.

L’école «Ma Campagne», à Ixelles, a accueilli vendredi le lancement d’un mouvement de « riposte ». Objectif : obtenir le retrait pur et simple des réformes de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Quinze écoles de la FWB sont déjà mobilisées et espèrent rallier un maximum d’enseignants.

Sur la scène de la salle des fêtes, professeurs et élèves ont détaillé une série d’actions : boycott de 10 % de la charge horaire, arrêts de travail quotidiens de 49 minutes, ou encore refus de transmettre les résultats des épreuves externes (CE1D et CESS) à la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Conférence de Press à Ixelles – Emile Thoreau

 

Ces mesures seront appliquées de manière variable selon les établissements, « en fonction des spécificités et des réalités de chacun ». À ces actions s’ajouteront des initiatives ponctuelles, « créatives et originales », destinées à interpeller directement la ministre. Les membres du mouvement se disent « conscients » de l’impact potentiel sur les élèves, qu’ils jugent toutefois « très limité au regard des réformes imposées ».

Un rejet global

Les enseignants dénoncent notamment la pénurie persistante, la fin de la gratuité des repas chauds actée en décembre, ainsi que la récente décision d’augmenter de deux heures la charge horaire dans le secondaire supérieur. Plus largement, ils appellent à « cesser de considérer l’enseignement comme une variable d’ajustement budgétaire ».

Pour Aurélie Praet, enseignante à l’Institut Saint-Boniface Parnasse, « les réformes adoptées sont inéquitables et révoltantes ». Elle dénonce un « mépris généralisé » de la part du gouvernement et pointe le flou entourant la mise en place du tronc commun en première secondaire. « Une génération d’élèves va servir de test pour une réforme mal finalisée », estime-t-elle.

Des élèves étaient également présents. Deux membres du Collectif de la Jeunesse Indépendante (CJI), âgés de 15 et 17 ans, expliquent : « On veut montrer qu’on est unis et solidaires. On a besoin des profs, et on en a marre de les voir épuisés. Nous nous opposons à un gouvernement qui alourdit encore leur charge de travail et renforce un système déjà inégalitaire. »

Faire monter la pression

Né d’une accumulation de mesures et d’un appel lancé sur les réseaux sociaux, le mouvement Mars Attacks se présente comme un mouvement « issu de la base ». Le collectif affirme fonctionner « en discussion constructive avec les syndicats ». « Nous ne sommes pas là pour négocier ou concerter, c’est le rôle des syndicats. Nous voulons faire monter la pression », précise l’un des organisateurs.

La ministre Glatigny rappelle qu’elle est «disponible pour dialoguer avec toutes les personnes qui le souhaitent»

Présente lors de la conférence de presse, la députée Écolo Bénédicte Linard a affiché son soutien. Elle dénonce des mesures « élitistes » portées par « une vision conservatrice de l’école ». Selon elle, le mouvement est d’autant plus légitime que la ministre organise une « concertation selfie », autrement dit une concertation syndicale « à l’arrêt depuis le début de la législature ».

Contactée, la ministre Valérie Glatigny (MR) indique prendre acte de cette mobilisation. Elle rappelle que des concertations ont déjà eu lieu avec les acteurs de l’enseignement et affirme rester « disponible pour dialoguer avec toutes les personnes qui le souhaitent ».

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