Réunis à Verviers ce lundi, sept professeurs ont interpellé Georges-Louis Bouchez sur les réalités du terrain. Un échange tendu mais concret autour de quatre urgences de l’enseignement secondaire.
Interpellé par le collectif Mars Attacks, un mouvement de contestation autonome d’enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles, le 9 avril dernier, Georges-Louis Bouchez avait accepté de rencontrer plusieurs professeurs ce lundi 20 avril, en soirée, à l’hôtel Van Der Valk à Verviers, malgré le bref délai.
« Un président de parti s’est déplacé pour répondre à votre demande malgré un timing plus que serré. Cela témoigne du sérieux avec lequel ce sujet est traité », appuyait Stéphanie Cortisse, députée au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en début d’échange. Pendant près de 45 minutes, les deux parties ont débattu, parfois calmement, parfois de manière plus musclée, avant que les sept professeurs de l’enseignement secondaire précisent leurs revendications, qui s’élèvent au nombre de quatre. Face à celles-ci, Georges-Louis Bouchez, Député de la Chambre des Représentants de Belgique et Président du MR, a contré l’argument du budget mis en avant par l’assemblée d’enseignants. « Notre enseignement ne manque pas de financement. Il fait même partie des mieux financés en Europe. Le réel problème est que nous avons trop d’options dans notre enseignement actuel », a-t-il avancé.
Quatre revendications
L’absentéisme des élèves, d’abord, a occupé une large place dans la discussion. Les enseignants n’y voient plus une difficulté ponctuelle, mais un problème devenu structurel. Derrière les absences répétées, ce sont des cours sans cesse à recommencer, des séquences à reprendre, des classes qui avancent à deux vitesses et, au bout du compte, un sentiment d’usure chez les professeurs. Ce qu’ils décrivent, c’est une école qui passe une partie de son temps à tenter de recoller les morceaux.
La refonte de la grille horaire est un sujet revenu ensuite avec insistance. Sur ce point, les enseignants ont fait comprendre que l’organisation actuelle ne colle plus toujours à la réalité du terrain. C’est toute la mécanique scolaire qui se grippe quand les horaires deviennent trop lourds ou trop déconnectés des besoins concrets des équipes et des élèves. « En section professionnelle, la plupart des élèves ont un horaire de 36h, soit le maximum. Cela devient impossible pour nous, professeurs, de placer des séances de remédiation afin de les aider dans les domaines où ils présentent des lacunes », a regretté Stavroula Giannelis, une des professeures présente durant cette rencontre.
La question du NTPP (NDLR : le nombre total des périodes professeurs, soit l’enveloppe d’heures de cours et de charge de travail attribuée à un établissement scolaire) s’est aussi invitée au cœur de l’échange. Les professeurs ont pointé un système jugé trop rigide, trop complexe et souvent difficile à faire correspondre aux réalités locales. Même inquiétude autour de la mutualisation des petites classes. Regrouper des classes parce qu’elles sont peu nombreuses peut sembler cohérent aux yeux des enseignants. « Le fait d’avoir des classes dans lesquelles il y a parfois seulement trois élèves peut créer des inégalités, que ce soit pour eux comme pour les enseignants. Être trop peu peut démotiver les étudiants, ce qui mène ensuite à de l’absentéisme », a insisté l’enseignante.
« Une discussion constructive »
Au sortir d’échanges à certains moments musclés, les sept enseignants espèrent que cette rencontre n’aura pas juste été un coup d’épée dans l’eau. « Les mesures que nous avons proposées concernaient principalement le bien-être des élèves. Les mesures qui sont actuellement prises dans l’enseignement par la Ministre Glatigny concernent très peu les étudiants et c’est pour cela que nous sommes venus rencontrer Monsieur Bouchez. Nous sommes satisfaits de cet échange sur certains points, sur d’autres, nous ne serons certainement jamais d’accord avec Monsieur Bouchez. Le plus important est que nous ayons été entendus, et que cette rencontre n’ait pas simplement été bonne pour l’image politique ».
Du côté de Georges-Louis Bouchez, la rencontre fut positive. « Nous avons eu une discussion très constructive avec des éléments extrêmement concrets, la plupart sur lesquels on se rejoint. Il y a encore un travail à délivrer. Je rappelle qu’il reste encore trois ans à ce gouvernement, c’est avec les acteurs de terrains que nous devons avancer ».

