Depuis mercredi, les enseignants de l’école Saint-Benoît Saint-Servais à Liège multiplient les actions contre les mesures prévues dans le décret Arizona. Parmi eux, Marie Hélas, originaire de Wanze-Antheit. Ce vendredi matin, elle faisait partie de la soixantaine de professeurs mobilisés devant l’école de la rue Jonfosse. Tous dénoncent des réformes qui, selon eux, vont fragiliser davantage l’enseignement et les élèves.

Dès 7h15 ce vendredi, plusieurs dizaines d’enseignants se sont rassemblés devant les grilles de l’école Saint-Benoît Saint-Servais, rue Jonfosse à Liège. Parmi eux, Marie Hélas, Wanzoise de 30 ans, professeure d’anglais et de néerlandais. Un mouvement de mobilisation engagé par les enseignants de l’école, qui pourrait durer deux semaines. « Nous faisons des grèves tournantes jusqu’au 27 mai, le jour où le décret doit être voté. Et s’il le faut, nous irons jusqu’à Bruxelles. »
Les élèves renvoyés chez eux
Sur les 140 enseignants de l’école, près de la moitié manifestent devant les grilles de l’établissement. Les élèves ont été renvoyés chez eux et les cours suspendus. « On préférerait être en classe, c’est notre métier », insiste Marie. « Mais on fait aussi ça pour le futur de nos élèves. »


Les enseignants dénoncent plusieurs mesures prévues dans les réformes : des classes plus chargées, moins d’accompagnement pour les élèves en difficulté, une hausse possible du minerval dans le supérieur jusqu’à 1.200 euros et une augmentation de la charge de travail. « Je suis titulaire en rhéto et je pense à mes élèves, je suis très inquiète », explique la jeune femme, originaire de d’Antheit. « Ils devront payer 1.200 euros pour poursuivre leurs études. Les études supérieures doivent rester accessibles à tous. »
Dans les classes, Marie craint aussi une dégradation des conditions d’apprentissage. « On parle de classes à 30 élèves, avec des jeunes qui ont parfois un TDAH ou d’autres difficultés. On nous demande d’aller plus vite, avec plus d’élèves et moins de moyens, sans tenir compte des réalités du terrain. Malgré tout ce qu’on fait, on manque de considération. Si je devais recommencer à 18 ans, je ne suis pas sûre que je choisirais encore l’enseignement. »
« Mes élèves risquent de payer 1.200 euros pour poursuivre leurs études. Les études supérieures doivent rester accessibles à tous ! »
Devant l’école, les enseignants reçoivent le soutien de parents d’élèves. « Même s’ils doivent venir chercher leurs enfants, ils nous comprennent, ils nous disent de continuer, et c’est maintenant qu’il faut se battre ».
Du côté de la direction de l’école, des réunions se sont tenues toute la journée, elle n’a pas encore communiqué.

