En Belgique, 90% des enseignants se disent en difficulté.
Près de neuf enseignants sur dix se disent aujourd’hui en difficulté, ressort-il de l’enquête «La Parole aux écoles», réalisée en avril auprès d’environ 3.400 professeurs et citée dans les titres Sudinfo.
Cette consultation des enseignants et acteurs des milieux scolaires wallons et bruxellois, réalisée par Ecolo, quantifie leur profond malaise. Quasi 90 % des répondants se disent «en difficulté» ou «mitigés» dans leur métier. Seuls 10 % affirment se sentir bien dans leur travail. Ce sont les enseignants expérimentés qui sont les plus touchés : 41 % de ceux qui travaillent depuis plus de dix ans se disent «en difficulté», contre 26 % des enseignants débutants.
En outre, presque tous les répondants (97%) estiment ne pas être écoutés avant l’annonce ou la mise en œuvre des réformes. Sans surprise, la mesure qui cristallise le plus de critiques concerne l’augmentation de 10 % du temps de présence face à la classe. Ces deux heures supplémentaires par semaine imposées aux enseignants du secondaire supérieur sont citées par près d’un répondant sur deux (49,3 %).
Selon la consultation, 93,8 % des répondants pensent que les réformes annoncées vont détériorer la qualité de l’enseignement en Wallonie et à Bruxelles. Ce sentiment est partagé dans tous les réseaux et à tous les niveaux d’ancienneté.
Au quotidien, les changements et réformes constituent le principal facteur de souffrance pour 66,4 % des répondants. Le manque de reconnaissance est cité par 56,1 % des personnes interrogées, devant la gestion des classes (43,2 %).
Le rapport pointe aussi une importante charge de travail. Plus de trois quarts des répondants (77,2 %) déclarent travailler au moins 38 heures par semaine, congés compris. Un tiers affirme même dépasser les 42 heures.

