Les élèves ont-ils droit à un congé pour l’Aïd al-Fitr ? © BruxellesToday

La réponse dépend… de quel côté de la frontière linguistique on se trouve.

La fin du Ramadan 2026 approche et avec elle, une question qui revient chaque année dans les écoles belges. Les élèves musulmans peuvent-ils s’absenter pour célébrer l’Aïd al-Fitr ? La réponse dépend… de quel côté de la frontière linguistique on se trouve.

La date reste incertaine

La fin du Ramadan 2026 n’est pas encore confirmée en Belgique. Deux dates restent possibles à ce stade : le vendredi 20 mars ou le samedi 21 mars. Si l’Aïd tombe un vendredi, la question se posera pour de nombreuses familles : faut-il envoyer les enfants à l’école ce jour-là ? Et c’est là que la Belgique révèle une de ses asymétries les plus méconnues.

Dans l’enseignement néerlandophone, la réponse est inscrite dans un décret depuis 1999. Un élève peut officiellement s’absenter pour les fêtes majeures de l’islam, du judaïsme et du christianisme orthodoxe. L’Aïd al-Fitr fait partie des motifs d’absence reconnus. Dans l’enseignement francophone et germanophone, aucune disposition équivalente n’existe. En Fédération Wallonie-Bruxelles, un élève dispose de neuf demi-journées d’absence non justifiée par an, mais le motif « fête religieuse n’est pas officiellement reconnu.
 
Une laïcité qui cache une inégalité
 
Selon Caroline Sägesser, chercheuse au CRISP le Centre de recherche et d’information socio-politiques de l’ULB, la situation est paradoxale. Refuser de reconnaître les congés religieux dans l’enseignement francophone peut sembler plus laïque, mais “aussi plus discriminatoire” les fêtes catholiques étant déjà des jours fériés pour tous, inscrites dans le calendrier national.

 

 

 

 

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