Depuis la réforme des rythmes scolaires, les écoles ne peuvent plus organiser d’évaluations sommatives la semaine qui suit les congés. Le gouvernement MR-Engagés prévoit d’évaluer cette disposition.
Après deux semaines de vacances pour les plus jeunes, et parfois aussi pour les grands, il est déjà l’heure de retrouver le chemin de l’école. Depuis 2022 et la réforme des rythmes scolaires, les élèves francophones prennent leurs congés de printemps à la fin du mois d’avril, avec un calendrier désormais décalé de la fête de Pâques, contrairement à la Flandre. Mais ces périodes sont-elles réellement synonymes de repos ? Dans l’enseignement supérieur, cette pause qui s’étalait du 20 avril au 2 mai reste traditionnellement consacrée aux révisions. Et dans l’enseignement obligatoire ?
Avec la réforme du calendrier annuel, le décret de mars 2022 stipule que « les évaluations sommatives ne peuvent pas être organisées durant les cinq jours ouvrables scolaires qui suivent la fin d’une des périodes de vacances. » Autrement dit, aucun contrôle intervenant dans la comptabilité des résultats de l’élève ne peut être planifié la semaine qui suit les congés. La règle vaut après les vacances d’été, de Toussaint, de Noël, de détente et de printemps. « Est-ce respecté ? Dans l’ensemble, je pense que oui », soutient Véronique de Thier de la Fapeo (Fédération des parents et des associations de parents de l’enseignement officiel).
Une deuxième semaine parfois surchargée
Lors de la mise en œuvre de la réforme, plusieurs parents avaient alerté la Ligue des familles quant à l’organisation d’évaluations la semaine suivant les vacances de Toussaint. « Ces sujets reviennent moins », indique Merlin Gever, chargé d’étude à la Ligue des familles. « Globalement, les nouveaux calendriers et leur gestion par les écoles font beaucoup de bien aux enfants. Néanmoins, chaque année, des écoles exagèrent en organisant une avalanche d’évaluations la deuxième semaine après les congés. »
La réforme du calendrier annuel devait s’accompagner d’une réflexion sur le rythme des évaluations, avec l’objectif de faire des vacances de véritables périodes de repos. « Un gros travail a été mené dans les écoles pour repenser les évaluations », assure Bernard Hubien de l’Ufapec (Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique). « Certains acteurs estiment toujours qu’il serait préférable de permettre les évaluations la semaine suivant les congés pour assurer une meilleure étude. Mais cela reviendrait à manquer l’objectif du décret. Or, une grande majorité des enseignants et des parents considèrent que ce rythme de sept semaines de cours suivies de deux semaines de congé améliore les apprentissages. »
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Les évaluations formatives, destinées à accompagner et ajuster les apprentissages, ainsi que les devoirs et les travaux à réaliser à domicile restent autorisés à tout moment. « Ces derniers constituent des outils pédagogiques essentiels permettant d’évaluer le progrès des élèves au quotidien et de soutenir leur apprentissage sans être soumis aux mêmes contraintes que les épreuves sommatives », précise le cabinet de Valérie Glatigny (MR), ministre de l’Education.
Concernant les devoirs, le code de l’enseignement fixe plusieurs balises. Ils doivent toujours pouvoir être réalisés sans l’aide d’un adulte. Aucun devoir n’est prévu en maternelle ni dans les deux premières années du primaire, à l’exception des lectures et des présentations orales à la famille. Le texte prévoit aussi une durée maximale d’environ 20 minutes par jour en 3e et 4e primaire, portée à 30 minutes en 5e et 6e primaire. Il n’existe pas de limite de temps pour l’enseignement secondaire.
Une règle appelée à évoluer ?
Dans sa déclaration de politique communautaire, le gouvernement MR-Engagés indiquait vouloir évaluer « la pertinence d’interdire les épreuves sommatives la semaine suivant chaque congé en laissant davantage d’autonomie aux enseignants et directions ». Le décret sur les rythmes scolaires prévoit également une évaluation plus large de ses diverses dispositions.
En avril 2025, interrogée sur le sujet en commission de l’Education, la ministre avait fait savoir qu’une analyse serait lancée au début de l’année scolaire 2025-2026, mais celle-ci semble avoir pris du retard. Les résultats étaient attendus au parlement dans le courant de l’année civile 2026. Le cabinet indique que l’évaluation est un cours et qu’un questionnaire a été envoyé « à un échantillon de divers acteurs ». Une perspective qui fait réagir les associations de parents. « La réforme du calendrier scolaire a été pensée au bénéfice des élèves », rappelle déjà la Fapeo. « Les élèves aussi ont droit à des congés. Revenir sur les évaluations reviendrait à transformer les vacances scolaires en période d’étude. »

