Des milliers de personnes ont bruyamment défilé jeudi dans le centre de Bruxelles pour dénoncer les mesures d’économie décidées à l’automne dernier par la majorité MR-Engagés en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Enseignants, éducateurs, étudiants, personnels des crèches et du secteur culturel: ils étaient entre 10.000, selon la police, et 15.000, selon les syndicats, à dénoncer les réformes, les restrictions budgétaires, mais aussi le manque de concertation du gouvernement.
Sur les nombreux calicots et banderoles brandis par la foule, on pouvait notamment lire les slogans: « L’éducation n’est pas une dépense, c’est la première des défenses », « I have a nightMaRe » ou encore « Et dire que j’ai voté Engagés… »
« Je suis ici pour dire au gouvernement d’écouter les profs et de comprendre leur colère. Si on est aujourd’hui dans la rue, ce n’est pas pour rien », insiste Mathias, un prof de géographie venu de Gosselies.
« Avec la réforme du tronc commun, les deux heures en plus à prester par semaine pour les profs du secondaire supérieur, le gouvernement crée une vraie instabilité dans les écoles pour la rentrée prochaine », ajoute-t-il, une large pancarte « L’école a besoin de stabilité, pas de chaos » coincée sur l’épaule.
Déjà présents en rue dans la capitale il y a deux semaines, de nombreux étudiants de l’enseignement supérieur s’étaient joints au cortège pour dénoncer le relèvement dès la rentrée prochaine des droits d’inscription à près de 1.200 euros pour plus de la moitié des étudiants.
« La hausse du minerval, c’est un scandale » ou « Étudier est un droit qu’on ne négociera pas », ont-ils notamment chanté au rythme d’un concert de casseroles.
Parti de la gare du Midi vers 10h00, le cortège a emprunté la Petite ceinture pour rallier le siège du gouvernement, place Surlet de Chokier, non sans provoquer de sérieux embarras de circulation.
L’imposant cortège a marqué un arrêt fort chahuté mais pacifique devant le siège du MR, protégé par un important cordon de police.
Si les enseignants composaient le gros des manifestants jeudi, des professionnels du monde artistique étaient également présents.
« Je suis ici pour exprimer ma colère et mon incompréhension face aux économies, alors qu’on évolue déjà dans un secteur hyper-précarisé », confie Nora, une artiste plasticienne prestataire auprès de différents centres culturels qui seront contraints de se serrer la ceinture.
« L’art est important pour donner à réfléchir, susciter des idées, donner de l’espoir aussi. Et là on détruit tout! », se lamente la jeune femme avec une affiche « Les guignols au théâtre, pas au gouvernement » au-dessus de la tête.
Afin de freiner son déficit chronique, le gouvernement MR-Engagés a décidé à l’automne dernier de réaliser dès cette année diverses mesures d’économies à hauteur de 225 millions d’euros, sur un budget global de 15 milliards d’euros.
Outre la hausse du minerval, la majorité a également décidé de réduire une série de dépenses dans l’enseignement, d’augmenter de 10% la charge horaire des enseignants du secondaire supérieur, ou encore de geler les subsides de toute une série d’opérateurs.
Le mouvement de contestation face à ces mesures semble en tout cas s’élargir.
En décembre dernier, les syndicats des différents secteurs de la FWB avaient déjà organisé une première manifestation à Bruxelles pour dénoncer ces mêmes mesures d’économie.
Celle-ci avait alors rassemblé entre 5.000 et 7.000 personnes, soit la moitié du nombre de manifestants comptabilisés ce jeudi.
Sollicité jeudi par Belga, le cabinet de la ministre-présidente Élisabeth Degryse (Engagés) n’a pas fait suite dans l’immédiat.

