À Uccle, coups de klaxon et colère des enseignants de l’IRSA contre la réforme Glatigny: « On est déjà en train de s’épuiser dans ce métier »
Klaxons de soutien, banderoles et slogans devant l’IRSA (Institut Royal pour Sourds et Aveugles), à Uccle, ce vendredi matin, comme dans de nombreux établissements de la Fédération Wallonie-Bruxelles, des enseignants se sont mobilisés contre les réformes de l’enseignement portées par la ministre Valérie Glatigny. Une action symbolique, à quelques jours du vote des mesures prévu mercredi prochain.
Dans l’enseignement spécialisé, la colère est particulièrement vive. Nathalie Gahima, déléguée Setca SEL au sein de l’établissement, craint des conséquences directes pour les élèves les plus fragiles. « On est dans la rue aujourd’hui par rapport aux mesures du gouvernement Glatigny qui vont être votées mercredi prochain. C’est une de nos dernières grosses mobilisations avant le vote », explique-t-elle.

Selon elle, les restrictions budgétaires et les réorganisations annoncées menacent des accompagnements essentiels. « On ne pourra plus offrir à nos élèves certains accompagnements spécifiques. De la logopédie, des sorties, la piscine, tout ce dont ils ont besoin par rapport à leur accompagnement. »
L’enseignante évoque également des départs à venir et une pénurie qui risque encore de s’aggraver. « On va avoir moins de budget, moins de gens pour s’occuper des élèves. Des profs vont devoir partir l’année prochaine. » Pour elle, les conséquences dépasseront largement le cadre des écoles. « Si les bons profs s’en vont, ce sont vos enfants qui apprendront moins bien. »
Si les bons profs s’en vont, ce sont vos enfants qui apprendront moins bien.
Nathalie Gahima, déléguée Setca SEL
À l’IRSA particulièrement, insiste de son côté Caroline Hage, déléguée CSC enseignement, l’accompagnement nécessite du temps et des moyens humains importants. « On a des élèves qui ont besoin de psy, de kiné, d’ergo. Tout ça, on va avoir moins d’accompagnement. » Elle décrit un quotidien déjà sous tension, où la différenciation demande un travail constant. « J’ai des élèves qui comprennent quand je leur parle, d’autres non. Certains ont besoin de dessins, d’autres que je signe pour eux. Si on nous enlève des heures pour ces accompagnements et qu’on nous rajoute des heures devant les classes, ça veut dire que je dois abandonner la moitié de ma classe. »

Après plusieurs semaines de mobilisation, beaucoup d’enseignants disent aussi ressentir un profond sentiment de mépris. « Aujourd’hui, on est dans la rue parce qu’on ne sait plus quoi faire d’autre. On a l’impression d’être complètement invisibles. »
Les critiques visant les actions menées à l’approche des examens passent mal auprès des enseignants mobilisés. « Ceux qui vont condamner nos élèves pour plusieurs années, ce sont leurs mesures et le gouvernement, pas nous sur une journée », estime encore Caroline Hage.
Ceux qui vont condamner nos élèves pour plusieurs années, ce sont leurs mesures et le gouvernement, pas nous sur une journée
Caroline Hage, déléguée CSC enseignement
Malgré tout, les manifestants disent avoir senti un soutien ce vendredi matin devant l’établissement ucclois. « Les gens klaxonnent, même la police. Ça fait du bien de se sentir un peu soutenus malgré tout. »
Reste désormais à savoir si cette nouvelle mobilisation fera bouger les lignes avant le vote attendu mercredi prochain.






