La Fédération Wallonie-Bruxelles est dans le rouge : faut-il encore plus réduire les dépenses ? – RTBF Actus

La Fédération Wallonie-Bruxelles ne va pas bien financièrement. Elle n’a pas de pouvoir fiscal et elle vit de dotations venant du fédéral. Pour bon nombre, c’est un système de financement pas adapté qui met systématiquement la Fédération Wallonie-Bruxelles en difficulté sur le plan budgétaire. Et donc, revoir le refinancement des communautés est aussi parfois évoqué. Mais cela implique une nouvelle réforme de l’État. Là aussi, l’avis d’Yvan Verougstraete, Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez diverge.

Yvan Verougstraete: « La régionalisation des allocations familiales a été une connerie »

Le président des Engagés ne ferme pas la porte à une réforme de l’État, à condition, dit-il, qu’elle soit utile pour les citoyens : « Comme francophone, on ne peut pas a priori refuser toute évolution si c’est une évolution qui est là pour s’organiser mieux et qui n’est pas une évolution pour que ceux qui ont le plus de moyens aujourd’hui se retranchent sur leurs terres en abandonnant la solidarité« . Et Yvan Verougstraete fustige par ailleurs la régionalisation des allocations familiales : « Le fait qu’on ait divisé entre nos régions ou nos communautés, on peut l’appeler comme on veut, nos allocations familiales, c’est une connerie. Ce qu’on a fait au niveau des institutions, de la duplication des systèmes informatiques, des caisses et des logiques, ce n’était pas nécessaire, même si on tient compte de l’objectif recherché, qui était de pouvoir avoir des politiques différenciées« . Pour lui, confier les moyens financiers du fédéral aux entités fédérées « c’était du dogmatisme« , une « bêtise dans laquelle, à cet égard là, les néerlandophones nous ont attirés« .

Paul Magnette : « Une réforme de la loi spéciale de finances mettrait les Francophones en situation de demandeurs face à la Flandre« 

Le président du PS se veut aussi très prudent. Notamment sur l’agenda d’une éventuelle nouvelle réforme de l’État et cela, dit-il, pour le bien des Francophones : « À long terme, ça reste pour moi une piste importante, parce qu’effectivement, je pense que la communauté française sera toujours prisonnière de la situation dans laquelle elle est aujourd’hui, c’est-à-dire qu’elle n’a pas pris sur ses propres recettes et qu’elle est dépendante de dotations qu’elle ne détermine pas. Et ça, ça ne va pas pour un niveau de pouvoir qui est censé être autonome. Un niveau de pouvoir qui est autonome doit aussi avoir pris sur ses recettes et sur ses dépenses. Et donc un jour, il faudra effectivement donner à la communauté française la possibilité de définir son propre destin avec ses propres moyens« . Mais une réforme de l’État à court terme, Paul Magnette n’en veut pas : « Une réforme de la loi spéciale de finances, ça voudrait dire être demandeur par rapport aux Flamands, qui demanderaient en tout cas dans le chef de la N-VA, en contrepartie, des transferts de compétences du fédéral vers les régions, et donc on affaiblirait encore un peu plus le fédéral« .

Georges-Louis Bouchez : « La seule réforme de l’État utile : supprimer les régions et les communautés »

Le président du MR veut finalement remettre à plat toute l’architecture actuelle de la Belgique fédérale. Ce qui est plus qu’utopique et infaisable, notamment face à une Flandre dominée par la N-VA, le partenaire pourtant privilégié des libéraux. Mais pour le président du MR, réduire le déficit budgétaire du pays devrait inévitablement passer par là : « C’est la seule réforme de l’État qui serait utile : c’est de tout recentraliser sur un gouvernement, 15 ministres, un chef de gouvernement élu au suffrage universel direct de l’ensemble des Belges dans une seule circonscription électorale« . En conséquence, Georges-Louis Bouchez prévoit des « gains d’efficience colossaux en termes de fonctionnaires« . Car « on a quatre fois plus de fonctionnaires que dans les années 60, par exemple ». Tout refédéraliser apporterait même selon lui certaines marges budgétaires pour d’autres défis à relever pour la Belgique. Pour le président du MR, recentraliser le pouvoir entre quelques mains assurerait une meilleure efficacité face à l’actuelle lasagne institutionnelle qui paralyse parfois le pays : « À chaque fois que vous divisez, vous divisez les administrations, mais donc vous augmentez le nombre de fonctionnaires, vous augmentez la complexité. Le vrai problème de la Belgique, et le rapport Moody’s l’indique, c’est que ce pays est devenu ingouvernable. Il est devenu ingouvernable parce qu’il y a trop de couches, parce qu’il y a trop de gens autour de la table qui peuvent donner leur avis ».

On l’aura compris, les présidents des partis francophones rencontrés ne sont pas chauds à l’idée d’une nouvelle réforme de l’État avec des Francophones qui seraient en situation de demandeurs sur le plan financier. En attendant, aucune piste claire ne se dégage pour l’avenir de la Fédération Wallonie-Bruxelles et sa situation budgétaire. Et pourtant, Philippe qui enseigne depuis 30 ans, comme énormément d’acteurs de la Fédération Wallonie-Bruxelles, estime qu’il serait inimaginable de ne parler que d’économies pour des secteurs comme l’enseignement, la petite enfance, la protection de la jeunesse ou la culture. 

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