Que va devenir la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Comme les autres niveaux de pouvoir du pays, elle présente un déficit budgétaire important. Mais la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a pas de pouvoir fiscal, elle vit de dotations provenant du fédéral. Le gouvernement a déjà décidé pour 500 millions d’économies d’ici à 2029.
La Fédération Wallonie-Bruxelles, vu son contexte budgétaire, a des marges de manœuvre très réduites. Et c’est quasiment comme cela depuis 1990, depuis que la gestion de l’enseignement, sa principale compétence et de loin, a été confiée aux communautés.
Au moment de la confection du budget 2026, en octobre dernier, la ministre-présidente du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, prévenait déjà qu’il fallait prendre des mesures économies drastiques visant tous les secteurs sans exception : « On va essayer, dans la mesure du possible, de préserver les politiques essentielles et de faire des économies qui nous permettent de continuer à garantir un enseignement de qualité, une culture accessible pour tous, du sport pour tous, des médias de qualité. Mais c’est vrai qu’on va devoir serrer la vis. Mais comme j’ai déjà dit plusieurs fois, tous les secteurs devront faire un effort. Et donc on essaie de faire en sorte que les efforts soient les moins douloureux possibles« .
Et les mesures d’économie ne vont pas manquer : 500 millions d’ici 2029. Et comme prévu, tous les secteurs sont touchés. Avec en pêle-mêle, 74 millions pour le secteur de la petite enfance, 12 millions pour la culture, sans oublier l’enseignement
L’enseignement aussi visé : ces deux mesures qui passent mal
Les étudiants de l’enseignement supérieur notamment sont touchés par les mesures budgétaires. Le minerval passera dès la rentrée prochaine, de 835 à 1194 euros. Pour Adam Assaoui, le président de la FEF, cette mesure va surtout faire mal dans les hautes écoles : « Il y a déjà des hautes écoles qui étaient à 835 euros. Il y en a d’autres avec un profil plus social qui ont fait la démarche de faire des minervals à 175 euros, 250, 300 euros et qui demain seront obligés de le mettre à 1200 euros. Nous, ce qui nous inquiète, si sur le site de la haute école il y a marqué 1194, ça freine tout de suite. D’autant plus qu’il y a toute une série de frais qui s’accompagnent : il y a les supports de cours, il y a le kot, il y a la nourriture« .
Autre mesure qui passe mal : à partir de la prochaine rentrée, les enseignants du secondaire supérieur vont devoir donner deux heures supplémentaires de cours face classe mais sans être payés plus. Pour cet enseignant, c’est inacceptable : « Les deux heures en plus, quel mépris. Quelle catégorie de notre société accepterait d’augmenter sa charge de travail de 10% ? Je n’en connais pas« .
Comment expliquer cette difficulté budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?
Pour beaucoup, il n’y a pas de secret. C’est d’abord structurel. Vu le mode de financement des communautés et donc de la Fédération Wallonie-Bruxelles. « Les ressources de la communauté française, ce sont des dotations qui viennent du pouvoir fédéral. Ces dotations ont une fâcheuse tendance à augmenter beaucoup moins vite que l’augmentation du PIB. Une des raisons importantes, c’est la démographie. C’est notamment le nombre d’enfants de 0 à 17 ans qui interviennent dans une des dotations qui est la plus importante, qui fait 70% des ressources de la communauté française et qui sont liées à cette démographie« , explique Henri Bogaert, ancien patron du Bureau du Plan et aujourd’hui directeur de recherches à l’UNamur. Or, la démographie baisse, notamment dans cette tranche d’âge. « Mais malheureusement, la diminution des recettes va plus vite que la diminution des dépenses« .
Face à ce contexte, des pistes sont évoquées. Soit intensifier les mesures d’économies, soit transférer comme cela s’est déjà fait dans les années 90, des compétences aux régions, soit encore, revoir le système de financement des Communautés. Mais cela suppose une nouvelle réforme de l’État et du côté francophone, personne n’est réellement demandeur.

