Valérie Glatigny : « L’avant-projet de décret maintient, à ce stade, la possibilité de nomination des enseignants »- Le Soir

Valérie Glatigny (MR) travaille discrètement, depuis un an et demi, sur cet avant-projet de décret mis au jour par « Le Soir ». Alors que beaucoup reste à négocier, elle a accepté de s’exprimer sur la philosophie générale du projet. 

Un CDI en début de carrière pour tous les nouveaux enseignants, personne n’y croyait vraiment…

Je n’ai pas négocié personnellement la Déclaration de politique communautaire, mais quand j’ai vu qu’elle parlait de stabiliser rapidement les nouveaux enseignants, ça a fait écho à ce que moi-même j’avais vécu : j’ai été enseignante, peu de temps, mais je l’ai été. Et j’ai vécu le côté extrêmement précaire du début du métier. On sait quand on commence mais on ne sait pas combien de temps on va pouvoir rester dans une école, garder une classe… Parfois, on est dans deux ou trois établissements. La personne que je remplaçais à l’époque était en congé de maternité, la durée de mon emploi dépendait du fait qu’elle allait allaiter ou pas… C’est évidemment légitime pour elle, mais, pour l’enseignant remplaçant, honnêtement, c’est d’une telle instabilité !

Il n’y a pas que l’instabilité de l’emploi comme souci pour les jeunes enseignants…

Il existe plein d’autres facteurs qui font que les enseignants quittent précocement le métier, mais la précarité de l’emploi pour les débutants est la cause essentielle. Ce que nous proposons ici est une vraie belle réponse : une charge de travail garantie, un engagement sur le long terme grâce à un contrat à durée indéterminée et le concours de groupements de pouvoirs organisateurs en interréseaux pour organiser le tout.

Vous préparez une nouvelle vie pour les futurs jeunes enseignants ?

En tout cas, je note les avantages du système : fini les coupures d’horaire, les semaines avec et les semaines sans, fini les obligations de s’inscrire au chômage, fini les salaires au rabais durant l’été, fini l’obligation de postuler pour compléter un horaire puisque le groupement de pouvoirs organisateurs s’en occupe… Et fini les soucis d’ancienneté quand on passe d’un réseau à l’autre : le statut unique implique une ancienneté unique, valable dans les différents pouvoirs organisateurs où on a exercé. Aujourd’hui, les différences de statut ne permettent pas la mobilité entre les réseaux et ne favorisent pas des débuts de carrière sereins, ce sera bientôt un vieux souvenir.

Mais, concomitamment, l’idée est aussi de mettre fin progressivement au régime statutaire actuel…

L’avant-projet de décret maintient, à ce stade, la possibilité de nomination. Cependant et conformément à la DPC, il est prévu que le gouvernement puisse, ultérieurement, modifier les modalités d’engagement telles qu’elles existent actuellement (nominations) et adapter les conditions en conséquence (fin des nominations et passage en CDI pour tous les enseignants). Mais pour cela, il faut que le taux de cotisations sociales applicable aux CDI soit compatible avec la soutenabilité budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le fédéral a accepté d’ouvrir des négociations sur ce sujet, mais il n’y a pas encore d’accord. L’idée, c’est vraiment d’obtenir un taux de cotisation intermédiaire qui nous donne la possibilité de mettre fin aux nominations tout en gardant une trajectoire budgétaire soutenable.

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