Les syndicats proposent “un budget sain et plus juste” – La Libre

CSC, FGTB et CGSLB avancent des mesures alternatives qui rapporteraient 21 milliards.

On n’a pas le choix: “il n’y a pas d’alternatives”. “Il faut faire des économies dans la sécurité sociale”. Ce discours, répété par le gouvernement De Wever, les syndicats ne peuvent plus l’entendre. Car, pour eux, il existe bel et bien des alternatives aux économies brutales dans la protection sociale et les services publics. Le choix est possible. Et celui du front commun syndical, c’est celui d’une fiscalité juste qui permettra de dégager les mêmes montants.

Pour les organisations de travailleurs, l’arsenal du “statu quo” du gouvernement s’apparente à un “dogme à la belge”, cher aux conservateurs américains, qui consiste à baisser les impôts de façon à priver l’État de ses revenus et ainsi le forcer à procéder à des coupes budgétaires. Selon eux, dans le budget 2026, “les économies servent avant tout à financer une nouvelle offensive de recettes et à hausser les recettes publiques résultant d’une politique fiscale injuste et inégalitaire”. “Les mesures revenant à taxer davantage les revenus du capital sont moins lourdement taxés.”

Un tabou levé

Ce jeudi, la CSC, la FGTB et la CGSLB avancent, dès lors, un ensemble de mesures budgétaires qui créent les marges nécessaires pour financer les dépenses sociales, garantir des services publics de qualité et supprimer les mesures antisociales. Mises bout à bout, ces mesures pèsent près de 21 milliards d’euros. Pas de quoi combler le déficit fédéral mais de quoi réorienter la politique budgétaire. “Ce n’est pas un tabou”, commente la CSC. Et cela ferait passer les déficits sous les fameux 3 %.

Accusant le gouvernement De Wever de manquer d’ambition en termes de recettes fiscales, les syndicats demandent au Parlement de prendre l’initiative. Ils annoncent le dépôt d’une pétition à la Chambre. Si celle-ci atteint 25 000 signatures, prévue en commun, le Parlement sera tenu de nous écouter.

Ces alternatives reposent sur quatre principes: chaque euro gagné est traité de la même manière (afin de faire disparaître le traitement favorable du capital), taxer plus équitablement les exceptions parafiscales et les statuts alternatifs, contrôler et évaluer les subventions accordées aux entreprises et les dépenses fiscales et, enfin, une liberté accrue dans la formation des salaires.

Globalisation des revenus

La mesure qui pèse le plus lourd (12,9 milliards d’euros selon les syndicats) concerne le barème fiscal, et la globalisation de l’ensemble des revenus dans l’impôt des personnes physiques. “En intégrant les différents types de revenus dans une base commune imposable, on introduit une fiscalité plus juste. Un euro est un euro”, résument les syndicats. Une mesure qui rapporterait plus de 10 milliards d’euros.

Les syndicats proposent également d’augmenter les recettes publiques via: supprimer le tax shift des entreprises, augmenter les recettes provenant des sociétés (26 milliards), instaurer des cotisations sociales équitables sur les flexi-jobs (80 millions), le travail étudiant (750 millions) et les rémunérations alternatives (voiture de société – 756 millions); limiter les subventions fiscales (800 millions); intensifier les contrôles fiscaux sur les sociétés (2,55 milliards); limiter les déductions fiscales des entreprises (300 millions); réduire les dépenses fiscales (200 millions); instaurer un prix équitable pour les médicaments (237 millions); prolonger la période de salaire garanti en cas de maladie (575 millions).

Liberté de négocier

À cela, les syndicats ajoutent la liberté d’action dans la formation des salaires grâce à une réforme de la loi de 1996 afin que les salaires augmentent en fonction de la productivité et du coût de la vie. “Pas du tout, tranche la FGTB. Il s’agit de revenir à la loi de 96 dans sa version initiale et de la libérer du carcan mis en place par le gouvernement Michel.”

Quant à l’impact négatif que pourraient avoir ces mesures sur la rentabilité des entreprises et, à terme, l’emploi, la CSC rétorque: “Les mesures que nous proposons visent à la modernisation des modèles d’emploi qui ne seraient pas mis à profit pour opérer une transition vers des modèles durables et de qualité. Il est temps de discuter de l’efficacité de ces mesures, voire leur adaptation.”

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