Coup dur pour les écoles communales de Colfontaine. La commune a annoncé la fin des repas scolaires gratuits, conséquence directe de la décision de la Fédération Wallonie-Bruxelles de supprimer le dispositif de soutien aux « repas complets, gratuits, sains et durables ».
Ce mardi matin, la colère et l’incompréhension régnaient dans le réfectoire provisoire (en raison de travaux) de l’école Arthur Naze à Colfontaine. Le collège communal et les différentes directions d’écoles y étaient présents pour pousser un coup de gueule : en cause une réforme lourde de conséquences pour les dix écoles primaires de Colfontaine.
Depuis mars 2024
Lancée en mars 2024, l’introduction des repas chauds gratuits dans les dix écoles communales de Colfontaine constituait une première pour la commune. Pas moins de 1.200 élèves, de la maternelle à la sixième primaire, en bénéficiaient chaque jour. Issu d’un appel à projets de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le dispositif visait à offrir des repas complets, sains et gratuits, avec un réel succès à la clé : environ 85 % des enfants en maternelle et 75 % en primaire y participaient régulièrement. En quelques mois à peine, plus de 22.000 repas avaient été servis.
La Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé, en décembre 2025, de mettre fin de manière anticipée au dispositif de soutien aux « repas complets, gratuits, sains et durables » dans les écoles, un programme pourtant prévu initialement sur plusieurs années. Cette décision s’inscrit dans un contexte de contraintes budgétaires et d’arbitrages financiers opérés par le gouvernement, qui a choisi de ne pas prolonger ce financement structurel. Concrètement, cela entraîne la suppression des subsides accordés aux pouvoirs organisateurs, privant des communes comme Colfontaine de moyens importants pour maintenir la gratuité des repas scolaires. Pour l’année scolaire 2024-2025, cette aide représentait pourtant 404.243,50 euros.
« On retire la nourriture de la bouche des enfants »
Du côté politique, la réaction est vive. L’échevin de l’enseignement, Mathieu Messin, ne mâche pas ses mots et dénonce une décision prise sans concertation. « On se dit que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles retire la nourriture de la bouche des enfants sans aucune concertation préalable », déclare-t-il. Selon lui, cette mesure, portée par le gouvernement MR-Engagés, est à la fois « antisociale » et « profondément inhumaine », d’autant qu’elle met fin prématurément à un dispositif censé durer cinq ans.
Même réaction pour le bourgmestre, Luciano D’Antonio qui se dit déçu : « Croyez-moi, il y a des enfants qui n’auront plus de repas complet, on va revenir au temps des boîtes à tartine avec des chips dedans en guise de repas » lance-t-il.
Des investissements lourds
La décision est d’autant plus difficile à accepter que la commune avait investi massivement pour mettre en place ce service : cuisines dans les dix implantations, mises aux normes AFSCA, recrutement de personnel… Au total, l’effort global est estimé à environ 650.000 euros par an. Sans les plus de 400.000 euros de subsides, la poursuite du projet devient impossible. « La perte des 400.000 euros ne permet pas d’envisager de continuer les repas sous leur forme actuelle », tranche Mathieu Messin.
Directrice du groupe scolaire Albert Libiez-Quesnoy, Patricia Di Bernardo parle d’une situation « catastrophique ». « La plupart des enfants sont dans le besoin. C’est un service qu’on rendait, on était certains que tous les enfants avaient un repas complet au moins par jour. Et puis c’est un service aussi qu’on rendait aux parents qui travaillent, qui rentrent tard chez eux, et qui n’ont pas le temps de préparer pour la plupart un repas, parce que quand on rentre à 20h, c’est difficile », insiste la directrice.
Un appel à la raison
Face à cette situation, les autorités communales appellent, sans grand espoir, le gouvernement à faire marche arrière. « Réfléchissez, revenez à la raison […] Vous touchez aux enfants, c’est complètement inhumain », conclut l’échevin de l’enseignement. Pour l’heure « c’est le PO qui va devoir se débrouiller sans les subsides qui avaient été prévus déjà depuis deux ans », confie la directrice. Du côté de la commune on va étudier d’autres plans d’attaque : « on va voir ce qu’il est possible de faire, on ne peut rien promettre mais quoi qu’il en soit, les repas chauds comme proposés pour le moment, c’est impossible à maintenir avec le budget communal », déplore Luciano D’Antonio.
Un effet boule de neige pour le fournisseur…


