Le décret-programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles a été adopté dans la nuit de jeudi à vendredi. La majorité (moins une député des Engagés) a voté contre l’opposition. Voici le résumé de la séance plénière.
Dans la précipitation et dans la douleur, la majorité MR – Les Engagés a adopté son décret-programme validant de nombreuses économies dans la nuit de jeudi à vendredi. Dans le malaise, aussi : la députée des Engagés Mathilde Vandorpe s’est abstenue, pour marquer sa contestation face au «manque de respect et au mépris » de sa majorité.
Jusqu’au bout, les débats auront été chahutés, des manifestants perturbant la conclusion de la députée libérale, Diana Nikolic. «Avec vos mesures, je vais juste être bonne à travailler pour Uber et Deliveroo, a hurlé une des manifestantes à destination des députés. Non à l’Uberisation, non au libéralisme!»
Une motion d’ordre qui aurait pu passer
Plus tôt dans la journée, l’opposition a souhaité faire annuler la séance plénière via une motion d’ordre. Le PS, le PTB et Ecolo dénoncent l’entorse au règlement du parlement faite par la majorité qui n’a pas respecté le délai obligatoire de 84 heures entre le vote en commission et en plénière. La gauche parlementaire accusait le président du parlement, Benoît Dispa (Les Engagés) d’avoir plié face à l’injonction de la ministre-Présidente, Elisabeth Degryse (Les Engagés). «Je n’ai donné aucune instruction au président Dispa. J’ai simplement dit que je voulais que le parlement avance le plus vite possible, mais je ne souhaitais pas interférer dans l’organisation des travaux de notre parlement», s’est-elle défendue.
Au moment du vote de cette motion d’ordre, le quorum n’était pas assuré par la majorité et l’opposition lançait déjà des hourras, pensant avoir annulé la plénière contre toute attente. C’était sans compter sur le député MR Gaëtan Van Goidsenhoven, revenant à tout berzingue de la pause café pour voter. Et de doucher les espoirs de ses opposants politiques.
Degryse promet qu’il n’y aura plus d’économies
L’opposition s’est plus que jamais opposée. Martin Casier, chef de file PS, a reproché aux centristes d’avoir cédé aux intentions du MR. «Quand on réduit honteusement les moyens des écoles les plus défavorisées et qu’on met à mort la gratuité des cantines pour leurs élèves, il y a derrière la petite musique du MR qui veut mettre fin à l’assistanat.»
Benedicte Linard (Ecolo) a rappelé l’illégalité de la méthode employée par la majorité. «Le mépris du dialogue social et le contournement du règlement parlementaire procèdent du même rapport au pouvoir: un rapport où la délibération est un obstacle à franchir, et non le cœur battant de la décision publique.» La cheffe de file du PTB, Amandine Pavet, a pour sa part annoncé que les actions dans l’enseignement n’étaient pas terminées. «Le chaos dans les écoles, c’est vous qui êtes en train de le semer. Pas seulement pour le mois de juin, mais en septembre et pour les mois à venir», cite Le Soir.
Les ministres Degryse (Enseignement supérieur) et Glatigny (Enseignement) ont défendu sobrement leur plan, affirmant comprendre son impopularité du plan, mais estimant ces économies nécessaires à la pérennité de l’enseignement. La ministre-Présidente a répété que son gouvernement n’entendait plus prendre de nouvelles mesures d’économie jusqu’à la fin de la législature. Vendredi matin, plusieurs voix des Engagés ont affirmé vouloir prendre leur «bâton de pèlerin pour que le dialogue soit renoué».

