Colère du monde enseignant : pour Roland Lahaye (CSC), la ministre Glatigny veut revenir à une école « d’il y a deux siècles » – RTBF Actus

Après un week-end prolongé, le retour à l’école va de pair avec la grogne du monde enseignant, qui n’est pas retombée en Fédération Wallonie-Bruxelles. Une « révolution des craies » menée pour contester le décret-programme concocté par la majorité MR-Engagés. Celui-ci pourrait être voté la semaine prochaine (après l’avis rendu par le conseil d’Etat). Les écoles sont, elles, vent debout. Un préavis de grève a été prolongé jusqu’au 10 juillet. Une fin d’année qui s’annonce donc fortement chamboulée dans nombre d’établissements. On faisait le point ce matin avec le secrétaire général de la CSC-enseignement, Roland Lahaye, qui était au micro de Thomas Gadisseux.

Les syndicats persistent et signent.  » A l’unanimité, le mouvement se poursuit  » confirme sur notre antenne le responsable enseignement du syndicat chrétien. Que ce soit par le biais de grève, d’arrêts de travail, de manifestations où d’autres formes de contestation, les actions continuent et sont d’ores et déjà programmées dans le monde enseignant, soutenues par les organisations syndicales.

Des examens sacrifiés ?

 » Le ras-le-bol est général  » clame haut et fort Roland Lahaye.  » Si on laisse les choses aller sans rien faire, on va tout droit à la catastrophe « . Et le préavis de grève initialement posé jusqu’à demain d’être prolongé  » parce que le vote du décret a été postposé « . De quoi mettre en péril la fin de l’année scolaire des étudiants, et peut-être sacrifier des cours et autres sessions d’examens ? Le syndicaliste tempère :  » la fin de l’année ne représente pas grand-chose par rapport au fracas annonce par l’adoption de ces différents décrets par la majorité MR-Engagés « …Mais n’est-ce pas des élèves sacrifiés sur l’autel de la grogne ? Pour notre invité, c’est le monde politique qui joue le rôle du bourreau :  » C’est le gouvernement qui nous impose de la sacrifier (la section d’examens, ndlr). C’est un choix du gouvernement « .

 » Le ras-le-bol est général  » clame haut et fort Roland Lahaye.  » Si on laisse les choses aller sans rien faire, on va tout droit à la catastrophe « . Et le préavis de grève initialement posé jusqu’à demain d’être prolongé  » parce que le vote du décret a été postposé « . De quoi mettre en péril la fin de l’année scolaire des étudiants, et peut-être sacrifier des cours et autres sessions d’examens ? Le syndicaliste tempère :  » la fin de l’année ne représente pas grand-chose par rapport au fracas annonce par l’adoption de ces différents décrets par la majorité MR-Engagés « …Mais n’est-ce pas des élèves sacrifiés sur l’autel de la grogne ? Pour notre invité, c’est le monde politique qui joue le rôle du bourreau :  » C’est le gouvernement qui nous impose de la sacrifier (la section d’examens, ndlr). C’est un choix du gouvernement « . Roland Lahaye de rappeler cependant que personne n’est forcé à faire grève mais  » je constate que depuis que nous avons lancé ce mot d’ordre, la plupart des écoles débrayent. Et pas que les écoles : les directions de l’enseignement libre seront aujourd’hui 250 devant le siège des EngagésCela veut dire qu’il y a le feu dans la maison, sinon nous n’aurions pas une levée de boucliers si unanime au sein de tous ceux qui font l’enseignement « .

Il y a le feu dans la maison

Roland Lahaye tient cependant à rassurer : si des examens devraient être annulés, l’évaluation dans les nombreuses salles de classe du secondaire est continue sur l’année et les conseils de classe feront en conséquence.

Un ministère figé

Au ministère concerné, par contre, on campe fermement sur ses positions. Pas question de remettre en cause une réforme jugée indispensable sur le plan budgétaire. Côté syndical, on est formel : seul le retrait de toutes les décisions pourra apaiser la situation. Et notre invité de critiquer fortement la façon de faire de la ministre concernée, la libérale Valérie Glatigny :  » quoi qu’elle en dise, la ministre Glatigny ne concerte pas. Dans les séances de négociations -qu’elle ne peut pas éviter parce qu’elles sont imposées par décret —, on nous donne des informations… Quand on pose des questions, on nous dit qu’on va chercher les réponses. Mais comme sœur Anne, j’attends et je ne vois rien venir. Ce n’est pas de la véritable concertation. Elle joue sur les mots en disant ‘je réunis les gens’, mais ça ne change rien, ça ne bouge pas d’un iota ! « 

« Révolution des craies »

Et pourquoi cette poussée de fièvre seulement maintenant ? Les mesures sont pourtant sur la table depuis des mois ? Pour Roland Lahaye, le monde enseignant a d’abord  » cru  » à cette négociation pour le bien de l’enseignement.  » Les enseignants n’ont pas voulu désorganiser les écoles en se disant ‘ça va aller, ça va bien se passer, ils (les politiques, ndlr)vont comprendre… Il faut faire des économies, ce n’est pas le problème, mais les choix que les politiques sont en train de poser ne sont pas des choix porteurs de sens pour nous. Ils doivent le comprendre « .

 

Annulation des mesures

Les  » lignes rouges  » posées par les mécontents sont nombreuses. Parmi elles, les fameuses deux plages horaires supplémentaires dans le secondaire supérieur, la disparition de la gratuité dans différents cas de figure, l’augmentation des seuils de réussite du CEB ( » sans filtre, sans rien mettre en place en cas d’échec, un élève en difficulté restera en difficulté « )… Roland Lahaye ne mâche pas ses mots :  » La ministre fait de la pédagogie bas de gamme. Ce n’est pas comme ça qu’on gère l’école « .

Une vision archaïque

Et il va même plus loin, remontant le temps :  » la ministre fait de la politique moyenâgeuse « .  » Elle revient à ce qui existait il y a deux siècles. Une école qui aurait été qualifiée de bonne sans doute au XIXe siècle mais qui n’est plus du tout adaptée au XXIe. Une école qui trie, une école élitiste. L’école d’aujourd’hui est celle qui émancipe tout le monde. Du plus faible au plus fort, tout le monde a sa place à l’école « .

La ministre fait de la pédagogie bas de gamme

La volonté de mener à bien, ministre et enseignants, main dans la main, le Pacte d’excellence, semblait pourtant sur la bonne voie, il y a encore quelques mois ? Les choses auraient bel et bien évolué :  » le Pacte était perfectible. Il y avait des choses à améliorer. On était prêts à le faire. Mais depuis avril 2025, plus aucune réunion n’a réuni l’ensemble des acteurs « .

Les semaines qui vont suivent pourraient donc bien être chahutées dont au sein de nombreux établissements scolaires. Et idem en ce qui concerne la rentrée prochaine. Mais selon notre invité, le jeu en vaut la chandelle, pour l’avenir de l’école, élèves et parents semblent, selon lui, suivre le mouvement pour un meilleur enseignement.

 

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