La CSC-Enseignement a appelé vendredi les professeurs à faire grève à partir de ce lundi, et ce durant 10 jours, jusqu’au 27 mai, date à laquelle le projet de décret programme doit être voté. Un timing qui pose question, car la période des examens approche. Dans certaines écoles, notamment en région liégeoise, les cours sont fortement perturbés.
“Nous appelons l’ensemble de ses affiliés à se joindre au mouvement en se mettant en grève dès le lundi 18 mai jusqu’au mercredi 27 mai, jour du vote du décret programme 2 en séance plénière du Parlement”, a écrit la CSC Enseignement dans un communiqué.
Le syndicat dénonce des “attaques répétées et un mépris constant” de la ministre Valérie Glatigny (MR) “soutenue” par la ministre-présidente et de l’Enseignement supérieur Elisabeth Degryse (Les Engagés).
Un timing qui pose question
À seulement quelques semaines des examens, la CSC assure qu’“il n’y a pas de volonté de prendre les élèves en otage”. Roland Lahaye, secrétaire général du syndicat, a déclaré au micro de Bel RTL ce lundi matin que l’ensemble de la CSC était conscient que la période était délicate.
“Ce que les profs nous disent, c’est que les mesures prises par le gouvernement auront beaucoup plus d’impact sur la scolarité future et l’avenir des jeunes que 10 jours d’arrêt de travail”, a-t-il ajouté.
“La ministre détruit l’enseignement”
Des revendications qui ne datent pas d’hier selon Roland Lahaye: “Cela fait maintenant pratiquement deux ans que nous menons des actions, des manifestations, des actions spontanées, ça ne vient pas de nulle part”.
Selon Roland Lahaye, la ministre Glatigny “va se mettre à dos l’ensemble de la profession”. “Elle détruit l’enseignement. Entre recevoir les gens et les entendre, tenir compte qu’ils ont peut-être parfois raison, on n’y est pas du tout. C’est une butée, une obstinée”, conclut le secrétaire général de la CSC.
Plusieurs écoles fermées
Certains établissements scolaires ont gardé leurs portes fermées ce 18 mai. À Liège, le centre scolaire Saint-Benoît Saint-Servais est en grève ce lundi matin, et le restera pendant les deux prochaines semaines.
L’école fonctionne au ralenti avec un service de garde minimal, car les enseignants ont cessé de donner cours pour protester. Si les bâtiments restent accessibles aux élèves, les professeurs se mobilisent à l’entrée pour convaincre leurs collègues de rejoindre le mouvement. Afin de ne pas pénaliser les jeunes, la direction a prévenu que la matière non vue sera retirée des examens ou rattrapée l’année suivante.
À Verviers, les enseignants se mobilisent également. Des piquets ont été installés devant plusieurs établissements, dont SFX1, SFX2, Saint-Michel, Notre-Dame Heusy, Sainte-Claire et Don Bosco.
“Ces piquets seront l’occasion d’échanges avec les élèves, leurs parents et l’ensemble de la société. D’autres actions seront également menées durant cette semaine cruciale pour l’avenir de l’école et de tous ses acteurs”, a communiqué la branche verviétoise du collectif “Mars Attacks !”.

