La desynchronisation des conges scolaires en vigueur en Federa-tion Wallonie-Bruxelles et en Flandre pose de singuliers problèmes d’organisation. Parents obligés de trouver des solutions de fortune pour garder leurs enfants inscrits dans les deux régimes linguisti-ques, clubs sportits incapables de trouver dans le calendrier un moment pour organiser une activité extérieure d’une certaine durée…
Le débat est récurrent depuis 2022. lorsque le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles décidait de faire rythmer les congés des éleves selon des cycles de 7 semaines de cours suivis de 2 semaines de repos. Il se pose particulièrement à l’approche des grandes vacances plus courtes pour les francophones que pour les néerlandophones. Ou tors de ces longues séquences ou les élèves d’une Communauté sont en congé et les autres en cours à l’instar des vacances de printemps (ou de Páques) totale ment disjointes.
Mère et enseignante éplorée
Et ce debat fait rage en Flandre également. Avec une acrimonie qui semble croissante. Mercredi, en séance plénière du Parlement flamand, la députée Stéphanie D’Hose (Anders) a lu un extrait du courrier que lui avait adressé la mère de trois enfants inscrits dans l’enseignement néerlandophone et par ailleurs elle-même enseignante dans une école francophone. « Cette semaine, lui écrivait cette dame, éplorée, mes enfants sont en vacances alors que je travaille. Mon bébé a récemment fêté son premier anniversaire sans moi. Depuis, je vais travailler chaque jour le cœur lourd et les larmes aux yeux. Ce n’est pas un chois personnel, mais le résultat d’un système que n’arrive pas a se coordonner.
Et de demander à la ministre flamande de l’Enseignement, Zuhal Demir (N-VA), si des discussions ont été entreprises avec son homologue Valérie Glatigny (MR) pour tenter de mieux faire correspondre les agendas scolaires.
Une décision unilatérale
La ministre nationaliste n’a pas mâché sa reponse, c’est rarement le cas avec Zuhal Demir. « je connais bien le problème car il touche certains de mes collaborateurs au cabinet. »
Mais elle n’a pas affiché la moindre intention de changer quoi que ce soit. « Ce chaos, je ne l’ai pas crée. le n’ai rien à voir avec cela. Cela a été une décision de la Communauté francaise -decidée unilatéralement, sans dialogue ni quoi que ce soit. »
Zuhal Demir a encore explique avoir eu plusieurs discussions avec son homologue francophone pour explorer la possibilité d’un chevauchement maximal des calendriers. « Mais si je ne reçois pas de néponse, je ne peux pas faire de miracie. »
Le communautaire
la réponse de la ministre a laissé Stéphanie D’Hose sur sa faim. « Je suis entrée en politique pour résoudre des problèmes. Pas pour m’entendre dire: « C’est comme cela. »
L’ancienne présidente du Sénat a rappelé que le réseau officiel ainsi que de nombreux experts ont appelé la Flandre à modifier le calendrier scolaire à son tour. Elle a aussi réitéré son appel à la concertation avec le gouvernement francophone.
« Dans une semaine où le Roi réunit des entreprises flamandes et wallonnes, je pense que c’est une semaine propice pour appeler au dialogue » a-t-elle fait valoir. Avant d’accuser a mi-mot la N-VA d’immobilisme par réflexe nationaliste. « Nous voyons ici un gouvernement de la N-VA qui refuse de résoudre un problème, car la solution pourrait peut-être venir de Wallonie. Dans ce dossier, le lion flamand préfère se cogner aveuglement contre un mur plutôt que d’écouter le coq wallon. »
D’autres priorités
Mais la charge n’a pas eu l’air de déstabiliser Zuhal Demir – il en faut beaucoup, il est vrai. « Certains me demandent si nous ne devons pas tout changer précipitamment, a-t-elle assené. Nous n’allons pas le faire. Je n’ai tout simplement pas le temps de mener le débat sur les vacances scolaires, ni d’y consacrer l’énergie nécessaire.
Nous travaillons très intensement sur la qualité de l’éducation, qui doit urgemment s’améliorer en Flandre. Sur la formation des enseignants Et lap prentissage des lanques »
La réponse est claire. Elle sera immanquablement répétée à chaque fois que le dossier sera exhumé au Parlement. Mais il n’est pas dit que le portefeuille de l’Education restera indéfiniment aux mains de la N-VA.

