Valérie Glatigny revient sur les commentaires de Sophie Wilmès sur le MR et Georges-Louis Bouchez: « Une victoire ne suffit pas pour avoir le pouvoir » – La Libre

La ministre de l’Éducation et de l’Enseignement pour Adultes, était l’invitée du « Café sans filtre » ce lundi 15 décembre 2025.

Maxime Binet recevait Valérie Glatigny ce lundi dans le « Café sans filtre ». Et pour commencer l’interview, la première Vice-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) s’est positionnée par rapport à la colère des syndicats qui l’accusent d’être trop dans l’idéologie. « Je comprends la colère des syndicats et des enseignants, a-t-elle expliqué. Faire des économies, ça ne fait plaisir à personne. Mais elles sont vraiment indispensables puisqu’aujourd’hui, un salaire de prof sur cinq est payé en empruntant de l’argent. L’objectif est, à terme, de réinvestir dans l’école. Je vais d’ailleurs rencontrer les syndicats ce lundi. Et je vais leur rappeler l’objectif, qui est d’arrêter de payer des centaines de milliers d’euros en intérêts pour enfin réinvestir dans l’école, car on sait qu’on a certains défis à relever. »

Par rapport aux dires des syndicats, qui disent que l’enseignement est principalement visé, la Marchoise de 52 ans est claire. « Ce n’est pas exact et les autres secteurs disent la même chose. Il y a des économies à faire partout en Fédération Wallonie-Bruxelles, simplement parce que nous vivons à crédit. Nous avons une enveloppe de 13,5 milliards d’euros et nous dépensons 15 milliards d’euros. Il est inévitable de devoir faire des économies si on veut continuer à payer, entre autres, le salaire de nos professeurs. »

Autre sujet abordé, à savoir celui du régime des congés de maladie de ces mêmes professeurs. « Il y a un pot maladie de 15 jours qui existe actuellement. Et lorsque vous dépassez les 15 jours, vous basculez dans un régime où votre salaire est payé à 80 %, alors que dans le reste de la fonction publique, c’est 60 %. On souhaite donc harmoniser avec le régime de la fonction publique. C’est un coût extrêmement important pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il s’agit d’encourager le retour au travail de nos enseignants, à part pour ceux qui ont bien sûr une maladie grave. »

Accélérer le retour au travail des professeurs malades

Dans cette optique, l’objectif de la ministre libérale est d’accélérer le retour des professeurs malades. « On a remarqué que les dépenses sur le congé mi-temps thérapeutique n’atteignaient pas leur objectif. Seulement 37 % des enseignants retournaient au travail via cette mesure. Il y a actuellement une consultation syndicale qui est effectuée. L’idée est de travailler sur ça pour remettre au travail plus rapidement les enseignants, car on sait qu’on a une pénurie très importante pour le moment. »

Il a ensuite été question de la potentielle suppression du statut des enseignants, qui coûterait 500 millions d’euros. « C’est un montant prévu pour 2060 ou 2070. Ce qu’on va faire, c’est assurer une charge horaire stable pour les jeunes enseignants avec un contrat à durée indéterminée. Est-ce que, par la suite, ils vont basculer dans un régime de CDI jusqu’à la fin de leur carrière ? Ça, ce n’est pas décidé, puisqu’il faut voir la cotisation qu’on doit payer au fédéral pour un contractuel par rapport à une personne nommée. »

Valérie Glatigny s’est ensuite positionnée sur les relations MR – Engagés, qui seraient difficiles en Fédération Wallonie-Bruxelles, et sur le fait que Les Engagés tentent d’explorer la piste d’un gouvernement centre-gauche à Bruxelles. « C’est particulier, le mouvement qui a été fait, puisqu’on sait qu’on aura besoin d’une majorité particulièrement stable. Et que donc, il y aura des mesures particulièrement impopulaires et encore plus drastiques que celles qu’on doit prendre en Wallonie-Bruxelles. Dans ce cas, ça peut mener à une sorte de chantage politique. En FWB, nous sommes convaincus qu’il faut continuer à mener des réformes et donc ça doit se faire en bonne intelligence avec le partenaire. »

« Retrouver une base budgétaire saine »

De ce fait, la politicienne de 52 ans éteint les potentiels incendies. « Il y a une bonne relation entre nous. Il ne faut prendre en otage ni les élèves, ni les professeurs, ni le monde de la culture, ni celui de l’enfance, parce que nous devons à tout prix retrouver une base budgétaire saine. Et ça, ça doit se faire avec une majorité solide et qui travaille dans la confiance. »

Les derniers sondages ont montré que le MR a plongé, aussi bien en Wallonie qu’à Bruxelles. L’ancienne Première ministre Sophie Wilmès a affirmé que le parti gagnerait à avoir plus de hauteur. C’est une critique à peine voilée à son président de parti, Georges-Louis Bouchez. Est-ce que notre interlocutrice la partage ? « On sait qu’à Bruxelles en particulier, il ne suffit pas d’avoir une victoire pour avoir le pouvoir. Il faut aussi être en capacité de négocier et c’était le sens du message de Sophie Wilmès. On a toujours dit que les présidents du MR étaient seuls, ce qui est faux. En outre, je pense que ce serait intéressant pour le MR bruxellois de voir ce que les élections en interne vont donner. David Leisterh a fait un travail fantastique, il faut désormais quelqu’un qui est en capacité de poursuivre son travail et qui est en capacité de mener des négociations. »

 

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