Lundi prochain, les écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) tourneront au ralenti. Les syndicats enseignants ont appelé à une journée de grève générale pour dénoncer des mesures jugées “austéritaires” dans le budget 2026-2029.
Des décisions qui risquent d’aggraver les inégalités
Selon eux, les décisions gouvernementales risquent d’aggraver les inégalités d’accès à l’éducation. Le budget pour le matériel scolaire serait divisé par trois, la gratuité des droits d’inscription dans les académies artistiques supprimée pour les moins de douze ans et le minerval dans l’enseignement supérieur augmenterait de 43 %. Les étudiants non européens seraient, eux, confrontés à des frais “exorbitants”.
“L’enseignement mérite des moyens, du respect et des conditions de travail dignes”, rappellent les syndicats, qui organisent cette grève “non comme un jour de congé, mais comme une journée de mobilisation”.
Les actions prévues à Bruxelles
Pas d’action centralisée, mais une série d’initiatives locales. Chaînes humaines, sit-in et flashmobs devraient se multiplier à Bruxelles et dans plusieurs villes wallonnes. Des distributions de tracts et des actions symboliques sont aussi prévues pour sensibiliser le public aux conséquences des coupes budgétaires.
Selon nos informations, une délégation d’enseignants en front commun déposera une gerbe de fleurs aux pieds de la Brabançonne (place Surlet de Chokier, à Bruxelles) en l’honneur des collègues “disparus”. Le rendez-vous est fixé à 9h avec le dépôt de la gerbe à 9h30. S’ensuivra une prise de parole devant le bâtiment de la FWB et une dissolution à 11h.
À Uccle, une occupation du parvis Saint Pierre à l’initiative des MDP de l’Institut Saint Vincent de Paul est prévue de 10h30 à 12h.
La goutte d’eau : un mail controversé envoyé aux enseignants
La tension a encore grimpé le 3 novembre, quand la Fédération Wallonie-Bruxelles a envoyé un courriel à tous les enseignants détaillant les mesures budgétaires 2026-2029.
Dans ce message, signé par l’Administration générale de l’Enseignement, ces décisions étaient présentées comme des faits accomplis alors qu’elles n’ont pas encore été votées par le Parlement.
Pour les syndicats, il s’agit d’une “dérive inacceptable” et d’une “communication politique déguisée en message administratif”. Ils dénoncent “une ingérence dans la procédure de concertation” et réclament un rappel du principe de neutralité de l’administration.
“Le dialogue social ne se décrète pas, il se respecte”
Dans un communiqué commun, les organisations syndicales exigent “l’arrêt immédiat de ces pratiques du gouvernement”, qu’elles qualifient de “dérapage antidémocratique”. Elles demandent un rappel clair du principe de neutralité de l’administration et une véritable concertation avant toute diffusion d’informations affectant les conditions de travail du personnel enseignant.
“Le personnel n’a pas besoin qu’on lui explique les décisions d’un avant-projet de décret : il a droit à être consulté avant qu’on les annonce”, dénoncent-elles.

