Ce 25 janvier 2026, les enseignants vont une nouvelle fois manifester. Si les revendications sont légitimes, force est de constater que seule une action sociale a eu un impact direct sur la direction politique que mènent nos gouvernements successifs, au cours des 35 dernières années.
Les grèves ont renforcé la visibilité des problématiques structurelles dans l’enseignement (financements, surcharge administrative, conditions de travail). Cela fait des années que des manifestations se déroulent pour exprimer un malaise qui ne finit visiblement pas d’augmenter comme en atteste la présence dans la rue un dimanche 25 janvier 2026 des enseignants. Ces rassemblements et arrêts de travailont permis d’obtenir des victoires sociales, mais pas de changement radical dans la direction de politiques.
Ces grèves montrent une continuité dans les revendications des enseignants: meilleures conditions de travail, opposition aux coupes budgétaires et insatisfaction face aux réformes imposées sans concertation réelle. Le combat reste encore et toujours d’actualité et permet une prise de conscience collective et sociétale de la charge de ce métier.
1990: francophones et néerlandophones dans la rue
La Communauté française et la flamande s’allient pour faire plier le gouvernement. Du printemps à l’hiver, la protestation des enseignants est un cas rare: il a réussi à faire reculer les politiques. Un élément met le feu aux poudres: la difficulté, pour la Communauté française, de payer aux enseignants les 2 % d’augmentation, accordés, quelques mois auparavant, aux agents de la fonction publique.
De manière générale, cette grève a été déclenchée pour protester contre des plans d’austérité et un gel des salaires, qui impactent particulièrement le secteur éducatif. Les revendications seront finalement écoutées, et des solutions trouvées. Même si ce n’est que partie remise…
1996 : des suppressions de postes qui passent mal
Il y a presque 30 ans, la Belgique vivait une grève historique dans l’enseignement. Le 2 avril 1996, des milliers d’enseignants et d’élèves bloquent le parlement de la communauté française. Le motif? Un plan de réforme porté par Laurette Onkelinx (PS), l’ancienne ministre de l’Éducation de la Communauté française, en charge de l’enseignement obligatoire.
Dans celui-ci, il y a notamment la suppression de 3.000 postes d’enseignants. Évidemment, cette annonce provoque une onde de choc. Ce sont près de 27 manifestations et presque 5 mois de grève qui s’annoncent. Une première encore non égalée depuis, un cas unique. Verdict? Le « plan Onkelinx » est maintenu.
2015: Une mesure modifiée par les manifestations
En 2015, le secteur de l’enseignement en Belgique a été marqué par plusieurs mobilisations significatives, particulièrement en Fédération Wallonie-Bruxelles, où les enseignants ont exprimé leur mécontentement à travers des grèves et des manifestations importantes, notamment en ce qui concerne le lancement du « Pacte pour un enseignement d’excellence ». Des jours de grève vont se succéder: en avril, mai, ou encore septembre.
Elles n’ont pas annulé la mesure ni profondément modifié son déploiement, mais elles ont renforcé la visibilité des revendications des enseignants, ce qui pourrait influencer des ajustements ou d’autres décisions futures. Les grèves de 2015 ont marqué un tournant dans les discussions autour du système éducatif belge, mettant en lumière l’écart entre les attentes des enseignants et les priorités des décideurs politiques.
2025-2026: la grève sert-elle encore à quelque-chose ?
Depuis plusieurs années, les enseignants se mobilisent contre les politiques d’austérité, incluant l’opposition des enseignants aux coupes budgétaires et à la réforme des pensions. Les manifestations précédentes ont évidemment servi, mais malheureusement, les mouvements sociaux ne sont que très peu suivis de manière structurelle par les politiques. Reste à voir si ces manifestations et la grogne actuelle permettront d’obtenir de nouvelles victoires pour le secteur.


