Alors que le mouvement de grève s’étend dans les écoles wallonnes, la ministre de l’Éducation Valérie Glatigny défend les mesures contestées par les enseignants. Invitée du RTL info 19h, elle dit entendre « le mécontentement », mais estime que les économies prévues sont indispensables face à la situation budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Depuis ce lundi, des piquets de grève s’organisent dans plusieurs établissements scolaires wallons, principalement dans les provinces de Liège et de Verviers. Le mouvement, appelé à durer jusqu’au 27 mai, jour du vote du décret-programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles, prend progressivement de l’ampleur.
« Ne rien faire n’est pas une option »
Au cœur de la colère des enseignants : plusieurs mesures d’économies prévues dans le décret-programme, notamment l’augmentation de la charge de travail dans l’enseignement secondaire supérieur.
« J’entends le mécontentement, qui est surtout lié aux deux heures hebdomadaires supplémentaires pour les enseignants du secondaire supérieur. Mais je veux rappeler que, pour l’instant, nous n’avons plus d’argent et donc ne rien faire n’est absolument pas une option », a déclaré Valérie Glatigny.
La ministre insiste sur la nécessité de retrouver une « capacité budgétaire » afin de pouvoir réinvestir ensuite dans l’enseignement.
« À partir de 2027, progressivement, on va être en capacité de réinvestir », assure-t-elle. Elle évoque notamment une augmentation salariale de 5 % pour les jeunes enseignants, une revalorisation pour les directions d’école ainsi qu’un allègement de charge pour certains professeurs en début de carrière ou âgés de plus de 60 ans.
« Il n’y a pas de licenciements à craindre »
Les syndicats dénoncent également un risque pour l’emploi et pour l’attractivité du métier. Là encore, la ministre réfute les critiques.
« J’entends qu’il y aura des pertes d’emplois. C’est faux », affirme Valérie Glatigny. Selon elle, environ 2.160 équivalents temps plein quittent naturellement l’enseignement chaque année, notamment via les départs à la retraite, alors que les mesures contestées représenteraient environ 1.300 équivalents temps plein.
« On voit bien qu’il n’y a pas de licenciements à craindre », estime-t-elle.
La ministre reconnaît toutefois que certains enseignants temporaires pourraient perdre des heures de cours. Elle rappelle qu’un « gel des réaffectations » a été mis en place après concertation avec les syndicats afin de protéger les jeunes enseignants.
Des syndicats très critiques
Ce lundi matin, sur bel RTL, le secrétaire général de la CSC Enseignement avait vivement critiqué la ministre sur RTL, la qualifiant notamment de « butée » et « obstinée » au micro de Martin Buxant.
Des critiques que Valérie Glatigny dit prendre avec recul : « Je comprends que ce sont des mesures qui ne font pas plaisir. Ça ne me fait pas plaisir à moi non plus. Je préférerais être en capacité de réinvestir », répond-elle.
Elle rappelle également que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles participe lui aussi à l’effort budgétaire : réduction du nombre de ministres, gel des indexations salariales des ministres jusqu’en 2029 et réduction des budgets des cabinets.
Pas de marche arrière avant le vote du 27 mai
Malgré la montée de la contestation, Valérie Glatigny ne laisse entrevoir aucun recul sur le texte qui doit être voté le 27 mai.
« Notre situation budgétaire ne s’est pas améliorée soudainement », souligne-t-elle.
La ministre rappelle que plusieurs cycles de concertation ont déjà eu lieu avec les syndicats et les pouvoirs organisateurs et affirme que certaines adaptations ont été intégrées au texte.
Mais sur le fond, la ligne reste inchangée : « Ces économies sont malheureusement nécessaires pour réinvestir demain. »

