Trop de jours blancs en sixième primaire ? « C’est exceptionnel » – L’Avenir

Alors que l’année scolaire se clôture le 3 juillet, la dernière épreuve du CEB a lieu le 23 juin. Trop tôt, estiment certains profs. Mais pas selon Valérie Glatigny.

Les nouveaux rythmes scolaires ont beau avoir été adoptés, la question des « jours blancs » continue de diviser. Les « jours blancs », ce sont ces journées scolaires situées après les examens, lors desquels les cours sont suspendus alors que l’école reste ouverte – et (a priori) obligée d’accueillir les élèves.
Actuellement, ils sont en principe limités à trois pour le secteur primaire, et plus spécifiquement pour les élèves de sixième primaire invités à passer leur certificat d’études de base (CEB). Sauf que les documents officiels envoyés aux directions et aux enseignants font apparaître une autre réalité pour la fin de l’année scolaire en cours : cet été, alors que l’obligation scolaire court jusqu’au 3 juillet compris, la der-nière épreuve du CEB se déroulera le 23 juin (quatre jours plus tôt qu’en 2025, quand l’affaire avait été bouclée le 27 juin). Si bien que, si l’on suit cette logique, ce ne sont pas trois mais… huit « jours blancs » dont bénéficieraient cette fois les élèves de P6.

Trop ?

Pour Caroline, qui enseigne dans la région namuroise, c’est une évidence : « Le problème, ce n’est pas tant de prévoir des activités pour occuper les enfants durant cette période, puisqu’ils sont théoriquement obligés de venir à l’école. Et si ces moments sont souvent agréables, en tant que pédagogue, j’aurais aimé conserver certains de ces jours pour avancer un peu plus loin, ou plus profondément, dans la matière. » Antoine, qui enseigne pour sa part dans le Hainaut, voit les choses autrement : « On peut toujours voir plus de matière, ou réviser davantage en vue du CEB, mais ces jours sont importants, aussi, parce que ce sont les derniers de ces élèves dans l’enseignement primaire. Je prends toujours beaucoup de plaisir à prévoir et organiser les activités qui les occupent durant cette période. C’est la dernière occasion de leur permettre de conserver de jolis souvenirs de leur passage chez nous. Et ça, c’est autrement plus précieux que trois jours de classe de plus. »

Il n’empêche : tout qui a obtenu son CEB sait que trois n’égale pas huit. Alors, pourquoi avoir avancé le début des épreuves du CEB ? Le bruit a couru qu’ils auraient été octroyés suite aux récriminations émises par certaines écoles, qui estimaient n’avoir pas eu assez de temps, l’an dernier, pour les corrections des épreuves puis les délibérations.

La ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny (MR) confirme sans sourciller : « Les équipes éducatives souhaitaient en effet disposer de suffisamment de temps pour organiser les jurys, les délibérations et les échanges avec les parents dans de bonnes conditions avant la fin de l’année scolaire. »

« Une demande du secteur », dit la ministre

Pas par simple confort. Mais aussi et surtout parce que le CEB s’inscrit, pour la première fois, dans le cadre du tronc commun : « La fixation des dates du CEB répond à un cadre légal précis, précise la ministre. En principe, l’épreuve débute l’avant-dernier lundi de l’année scolaire. Pour l’année 2025-2026, le Gouvernement a validé un aménagement en avançant le début de deux jours à la demande des acteurs de l’enseignement. Cette décision s’explique par un contexte tout à fait exceptionnel : l’arrivée du tronc commun en sixième primaire, avec le retour d’une possibilité de maintien en P6 et la disparition du degré différencié en première secondaire. »

Puisque, juridiquement, les « jours blancs » n’existent pas en primaire, les écoles et professeurs seront par ailleurs obligées d’assurer l’accueil des élèves et l’organisation d’activités éducatives ou pédagogiques jusqu’au dernier jour.

Des épreuves – comme un examen de religion catholique – peuvent également être organisées. Pas question, donc, d’anticiper un départ en vacances pour des parents, rappelle le Cabinet Glatigny : « La question de la présence effective des élè-ves en fin d’année scolaire fait l’objet d’un suivi. Un monitorage est en cours sur plusieurs années scolaires afin d’évaluer les pratiques et, le cas échéant, proposer de nouvelles mesures pour renforcer encore la fréquentation scolaire en début et en fin d’année. »

Et dans le secondaire ? Il ne reste plus que 7 jours

Et le secondaire, alors ? Cette année, le CE1D (l’examen externe passé par les élèves de deuxième année secondaire) se clôturera, dans beaucoup d’écoles, le 24 juin. Ce qui laisse, théoriquement, sept « jours blancs » aux élèves concernés. La réglementation prévoit d’ailleurs que les épreuves de fin d’année doivent se terminer au plus tôt le septième jour ouvrable scolaire précédant les vacances d’été. Contre neuf auparavant. « Cela a déjà permis de récupérer deux jours de présence en classe », se félicite Valérie Glatigny (MR). « La problématique des “jours blancs” subsiste donc davantage dans le secondaire, notamment en raison du temps nécessaire pour les corrections, les conseils de classe, et les délibérations », complète-t-elle.
Il est à noter, toutefois, que dans le secondaire également, les établissements sont obligés d’organiser un accueil… pour les élèves qui en auraient fait la de-mande.

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