Depuis cette rentrée scolaire, les élèves ne peuvent plus utiliser leur smartphone au sein des écoles de Bruxelles et de Wallonie. Certains établissements ont alors recours à des pochettes « anti-gsm ». Alors, ces pochettes, qu’en pensent les élèves, les profs et les directeurs d’école ? Nous nous sommes rendu à Bruxelles, dans deux établissements scolaires, l’un qui en utilise, l’autre pas, pour comprendre comment tout cela fonctionne. Et alors ?
Avec ou sans pochette « anti-gsm » dans les écoles ? Certains établissements scolaires ont choisi ce système pour faciliter la transition, d’autre pas ! Pourquoi ?
Athénée royal Leonardo da Vinci, à Anderlecht, c’est « gsm interdit ! », comme dans tous les établissements scolaires de Bruxelles et de Wallonie. Pour faciliter cette transition, la direction a acheté des pochettes « anti-smartphone ». On le glisse dans la pochette, qu’on verrouille. Elle bloque les ondes : pas de sonnerie intempestive donc. L’étudiant n’a alors plus du tout accès à son gsm. Ensuite, on peut déverrouiller le dispositif avec un système magnétique. Stéphane Nelissen, directeur de l’athénée Leonardo Da Vinci explique ce qui a motivé son achat : » Parfois, il y avait des moments de tension entre le professeur et l’élève, de savoir si le professeur allait regarder les notifications qui arrivent ou fouiller dans le téléphone. Et donc, c’est une manière d’apaiser l’élève. Il savait alors que personne n’allait voir dans son téléphone les messages qui allaient arriver, les appels, etc… ».
Utilisation en cas de flagrant délit
Dans cette école, l’utilisation de la pochette n’est pas systématique. En fait, le professeur l’utilise uniquement en cas de flagrant délit. Et c’est dissuasif, comme l’explique Audrey Magdelijns, professeur de mathématiques : « Je l’ai beaucoup utilisé, en tout cas en début d’année, mais maintenant je ne l’utilise quasiment plus. Les élèves ont vraiment trop peur d’avoir leur téléphone mis dans ces magnifiques pochettes noires. Simplement parce qu’ici, en plus, comme ils ne sont pas majeurs, ils doivent attendre d’avoir un parent pour aller le récupérer. » Mais le premier principe, c’est tout de même d’abord de faire confiance à l’élève. Prince Chirimwami, élève de 6ème Sciences confirme : » Il y a aussi la confiance. Ils nous laissent nos gsm, et la règle c’est de ne pas les sortir. ». A la question « L’avez-vous l’avez déjà sorti? », il répond : « Je ne vais pas mentir, oui, quelques fois, mais je fais attention à ne pas le sortir quand le prof donne le cours par respect pour lui. »
Pas de pochette « anti-gsm »
À Woluwe-Saint-Pierre, à l’Athénée-Crommelynck, on parie aussi sur la confiance. Dans cette école, si un élève utilise son gsm, il est confisqué et doit être récupéré auprès de la direction. En cas de récidive, ce sont les parents qui doivent aller le chercher. Dans cet établissement, il n’y a pas de système de pochette anti-smartphone. On l’a tout de même montré aux élèves. Qu’en pensent-ils ? Nessrine Haj Ali, élève en 1ère année : « Je trouve que ce n’est pas très cool parce que je préfère avoir mon gsm sur moi, le sentir. Je ne l’utilise pas, mais parfois j’aime bien le sentir et je n’aime pas mettre ça dans cette pochette. Je ne fais pas confiance. » Et pour Rachël Etienne, élève en 6ème année : « Pour moi, personnellement, je trouve que c’est un petit peu pousser loin la chose parce que ça reste un effet personnel. Et je pense que nous-mêmes, ça peut aussi nous aider à nous contrôler sans la pochette. Se dire : ok, je n’ai pas besoin d’une pochette pour ne pas toucher à mon téléphone. C’est juste une question d’habitude.«
14,50 euros la pochette : un budget !
Bon, c’est clair, ça ne plaît pas. Du côté de la direction, non plus. 14,50 euros la pochette, 500 élèves, pour Xavier Bogaerts, directeur de l’athénée Crommelynck, c’est un budget : « Si vous faites fois cinq cents élèves, ça commence déjà à chiffrer un petit peu : 7.250 euros. Donc voilà, moi j’ai d’autres priorités budgétaires, ici au sein de mon établissement. Donc à partir du moment où j’ai un système qui fonctionne, je ne vois pas pourquoi je mettrais une si grande somme d’argent dans quelque chose qui, pour moi, tient de l’ordre du gadget.«
Gadget ou pas, c’est certain : aucun élève n’utilisera jamais la pochette en dehors de l’école.
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