« Personne n’a jamais dit que nos enseignants travaillaient trop peu » : la ministre Valérie Glatigny (MR) répond aux manifestants – RTBF Actus

Alors qu’un cortège de 6500 à 8000 personnes ont manifesté hier dimanche à Bruxelles pour dénoncer les politiques menées par le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles en matière d’enseignement et défendre l’avenir des jeunes, la ministre de l’Education de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB) était à notre micro pour défendre ses réformes et rassurer le monde enseignant.

Ils ont remis ça. Dans le froid des rues de Bruxelles, hier, ils étaient encore des milliers à scander leur mécontentement ou leurs craintes concernant le futur du métier d’enseignant. Parmi eux, notamment, les syndicats. La ministre libérale de l’Education en FWB – qui salue l’attachement des manifestants pour un enseignement de qualité et le fait que cette action menée un dimanche démontre « un grand sens des responsabilités », vu qu’elle n’a pas eu d’impact sur l’emploi du temps des élèves – s’apprête à les recevoir, avec la ministre-présidente Elisabeth Degryse, tout à l’heure à son cabinet. « Ils sont entendus » souligne la ministre à Baptiste Hupin et François Heureux. « Mais je suis moi aussi inquiète. Car il faut que l’on retrouve la maîtrise de notre trajectoire budgétaire. Et je pense que le meilleur respect que l’on peut montrer à nos jeunes est de ne pas leur laisser une dette impayable, et de nouveau pouvoir investir dans l’école ». Et la ministre de préciser que notre enseignement est toujours très bien financé (« on est dans le top 8 des pays de l’OCDE ») mais cela ne transparaît malheureusement pas dans les fameux tests PISA. Il est donc « impératif » pour elle de « travailler sur les apprentissages de base : calcul, écriture et lecture. Parce qu’on a aussi face à nous de nouveaux enjeux, comme l’intelligence artificielle. »

Il faut que l’on retrouve la maîtrise de notre trajectoire budgétaire

 

Deux périodes et des questions

Les manifestants défilaient hier notamment contre un point : les deux périodes de cours supplémentaires demandées aux enseignants du secondaire supérieur, passées « face à la classe ». 10% de temps de travail en plus sans compensation salariale ne pourrait-il pas causer des pertes d’emplois, notamment pour les professeurs les plus jeunes ? Pas du tout, se défend Valérie Glatigny. Car cette mesure va concerner environ 1300 équivalents temps plein. Un chiffre à comparer aux 2170 postes qui ne sont plus pourvus suite au départ naturel dans le corps enseignant. « Il n’y aura pas de licenciement sec ». Mais sans doute des réaffectations, prévoit notre invitée. Par exemple donner deux heures d’un autre cours, prester ces deux périodes dans le secondaire inférieur, ou dans certains cas, plus rares, des changements d’école. Elle tient à rappeler aussi que « 22 heures, c’était déjà ce que faisait un enseignant avant 2019. Et c’est la durée face classe que fait déjà un enseignant du secondaire inférieur ». « C’est juste la charge face classe qui est évoquée ici ».

 

Personne n’a jamais dit que nos enseignants travaillaient trop peu

 

Le but aussi, pour la ministre, est de convaincre les jeunes de s’engager dans l’enseignement. Alors qu’un jeune prof sur trois décroche avant 5 ans, notre invitée décide d’essayer de remédier à cette fuite par la création en mars d’un CDIE pour les enseignants formés en quatre ans (et qui sortiront en 2027). « Pour leur donner une charge horaire stable et leur éviter cette instabilité dès l’entrée dans le métier« . Une image de l’enseignant à revaloriser et un « climat scolaire » à apaiser est aussi dans les cartons. Ainsi qu’un « choc de simplification administrative ».

Le respect de l’autorité de l’enseignant est central dans nos classes

 

Vers une fin des nominations ? A voir…

Le point d’interrogation est aussi pointé sur la question des nominations. La ministre Glatigny souhaite y mettre un point d’arrêt, mais précise qu’il est encore trop tôt pour affirmer qu’elles pourraient disparaître. « Cette question n’est pas tranchée » précise la ministre. L’objectif est de ne pas grever le budget de la FWB.

Des profs de latin en première secondaire

L’animosité se fait aussi concernant le tronc commun. Car des petites règles sont encore à mettre au point dans des concertations avec les syndicats et les PO… C’est encore un peu flou pour le moment, mais tout sera normalement réglé pour la période des inscriptions (ainsi, les professeurs de latin qui seront privés de donner cours en 1e secondaire » seront prioritaires pour les activités d’accompagnement personnalisées et pourront donner un cours de ‘français – langues anciennes’ avec un titre suffisant » indique la ministre libérale). Objectif : la semaine prochaine.

Des 8 heures d’options en 3e secondaire

En troisième secondaire, ce sont 8 heures d’options qui seront désormais proposées aux adolescents (alors que le Pacte d’Excellence allait plutôt dans le sens d’un tronc commun plus large). Pour le moment, des groupes de travail planchent sur le sujet (qui serait effectif pour 2028-2029), mais la ministre souligne l’importance, pour elle, de travailler « le projet d’un jeune » en offrant la plus large vue possible sur ce qui existe comme formations.

Une hausse de la TVA pour certaines cantines scolaires ?

Autre sujet, la TVA sur les cantines scolaires, qui passe de 6 à 12% quand la nourriture n’est pas préparée en interne. Valérie Glatigny précise qu’une demande a été faite au ministre Jan Jambon pour laisser tomber ces 6% de TVA supplémentaires dans les établissements scolaires. Et, soutient-elle mordicus, 14 millions d’euros vont pour les écoles à indice socio-économiques faibles, qui permettent donc la gratuité dans certaines écoles.

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