Un centre de classes vertes visé par une enquête pour comportements inappropriés sur des enfants – Le Soir

La justice enquête sur des faits de mœurs présumés dans un centre de classes vertes de la province de Luxembourg. La Fédération Wallonie-Bruxelles se constitue partie civile.

La Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé de se constituer partie civile dans une instruction judiciaire en cours pour des faits de mœurs présumés impliquant un centre de rencontre et d’hébergement pour jeunes accueillant des classes vertes et des séjours scolaires dans la province de Luxembourg. L’annonce a été faite ce vendredi par les ministres Valérie Lescrenier (Les Engagés), en charge de la Petite enfance, et Valérie Glatigny (MR), ministre de l’Education et de l’Enseignement pour adultes.

Les ministres indiquent avoir pris immédiatement connaissance d’un courrier daté du 13 janvier, adressé par Solayman Laqdim, le délégué général aux droits de l’enfant (DGDE). Ce courrier fait état d’éléments et de témoignages concordants rapportant des comportements inappropriés présumés à l’encontre d’enfants.

De nombreux témoignages

Selon le DGDE, les premiers signalements remontent à la fin de l’année 2024. « J’ai été interpellé par le conseil d’administration d’une école située dans le Brabant wallon qui dénonçait des faits troublants imputés à son directeur », explique-t-il. D’après les témoignages recueillis auprès d’enseignants, ce dernier aurait embrassé à de nombreuses reprises, jusqu’à une trentaine de fois par jour, de jeunes garçons âgés de 5 à 8 ans.

Toujours selon ces témoignages, deux épisodes particulièrement inquiétants ont été rapportés. Dans l’un d’eux, le directeur se serait couché dans le lit d’un enfant, affirmant l’avoir fait pour le réveiller. Il aurait été surpris par une enseignante. Dans un autre, il aurait été vu dans une camionnette, un garçon accroupi, la tête posée sur ses genoux.

Face à ces éléments, Solayman Laqdim indique avoir guidé le conseil d’administration qui a décidé de prendre toutes les mesures nécessaires et de porter les faits à la connaissance des autorités compétentes. Une première plainte est alors déposée.

En décembre 2025, le DGDE est à nouveau interpellé, cette fois par une famille dont l’enfant est issu d’une école bruxelloise, concernant des faits présumés similaires, imputés à ce même directeur. « Lors de cette deuxième séquence, la mère d’un jeune garçon témoigne que celui-ci aurait été amené à passer la nuit dans une roulotte en présence du directeur. » Selon le témoignage transmis au DGDE, l’enfant aurait été médicamenté et aurait subi des attouchements à caractère sexuel.

Les témoignages relatent également des propos affectifs tenus par le directeur à l’égard de l’enfant tels que « je t’aime, tu es mon frère », accompagné de baisers répétés. Le jeune garçon aurait par ailleurs évoqué l’existence de passages dits « secrets », empruntés en compagnie du directeur, dont l’un mènerait directement au dortoir des garçons. Une enquête est actuellement ouverte par le parquet de Marche-en-Famenne. Ce dernier précise que l’instruction, ouverte dans le courant de l’été 2025, fait actuellement l’objet de devoirs complémentaires à la suite d’une requête déposée par l’une des parties. Le parquet insiste par ailleurs sur le respect du principe de présomption d’innocence.

Des mesures de prévention appliquées

Face à la gravité des faits rapportés, Solyman Laqdim affirme avoir écrit au cabinet de la ministre Valérie Glatigny, estimant qu’il pourrait être opportun, que les faits soient avérés ou non à ce stade, de suspendre, à titre préventif, les classes vertes et séjours organisés afin de garantir la sécurité de tous les enfants.

Dans leur communiqué, les ministres précisent avoir immédiatement sollicité leurs administrations pour s’assurer que toutes les mesures de prévention et conservatoires soient appliquées tant pour l’institution concernée que pour les écoles susceptibles d’y envoyer des enfants. Sur le plan de la procédure pénale, elles ont également chargé la secrétaire générale a.i. de la Fédération Wallonie-Bruxelles de se constituer partie civile dans le cadre de l’enquête conduite par le parquet.

« Face à des faits de mœurs ou de violences, surtout lorsqu’ils touchent des enfants, la tolérance zéro s’impose », déclarent-elles. « Nous suivrons cette instruction avec la plus grande attention et, si nécessaire, nous interviendrons pour protéger la jeunesse et la société. Nous respectons la séparation des pouvoirs, le secret de l’instruction et la présomption d’innocence, et avons entière confiance en la justice pour mener cette enquête sur des faits qui, s’ils sont avérés, sont particulièrement graves. »

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